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Bob Dylan sera à PARIS le 03/11.

Moi aussi.

Pour patienter la chronique d'un de ses chef-d'oeuvre BLOOD ON THE TRACKS

35 ans que ce disque est sorti, 35 ans qu’il hante les nuits de tous les dylanophiles de l’univers, comme un renaissance, un acte majeur, un renouveau.

Après ce disque l’histoire sera sans fin.

 Sortant d’une période créative forte qui l’a consacré comme porte-parole d’une génération, Dylan s’enferme dans un mutisme interminable depuis New Morning en 1970.

La bande son de Pat Garrett & Billy the Kid, western énigmatique de Sam Peckinpah où il joue Alias, rôle écrit sur mesure pour lui, annonce un retour de l’homme sous les projecteurs, suivi de Planet Wawes, album en demi-teinte et Before the Flood un live.

Mais, en 1975 sous une pochette qui le fait ressembler à Chopin où à un artiste du XIXème sort Blood On the Tracks, le titre fait référence / hommage au western mais…

 Mais le disque débute par une des plus grandes chansons de Dylan Tangled Up In Blue, sous un accompagnement dépouillé, la guitare sèche mise en avant et Bob qui éructe les paroles, les psalmodie. Long poème électrique à multiples entrés tout à fait typique de l’écriture de Dylan.Premier titre et dès la première écoute on sent le chef d’œuvre, la Masterpiece. 

Simple Twist Of Fate qui lui succède ne dépare pas. La musique finalement peu électrique, porte pourtant une urgence, une folie, un rythme totalement obsédant semblant pousser le chanteur dans les contrées que lui-même ne soupçonnent pas. C’est une histoire d’amour superbe.

He woke up, the room was bare
He didn't see her anywhere.
He told himself he didn't care, pushed the window open wide,
Felt an emptiness inside to which he just could not relate
Brought on by a simple twist of fate.

Il se leva dans la chambre déserte,
Nulle part, il ne la vit.
En se disant qu'il s'en fichait, il ouvrit grand la fenêtre,
Un vide l'envahit auquel il ne put se rattacher
Apporté par un simple coup du destin

You’re a Big Girl Now chanson sur le temps qui passe.

Idiot Wind immense poème de près de huit minutes où les inflexions de voix sur Sweet Lady font frissonner, encore une longue suite porté par le chant halluciné de Dylan, mixé très en avant. Jamais Dylan n’a chanté aussi bien dans cette urgence, cette façon de lancer les phrases comme si sa vie en dépendait,

Woke up on the roadside, daydreamin' 'bout the way things sometimes are
Visions of your chestnut mare shoot through my head and are makin' me see stars.
You hurt the ones that I love best and cover up the truth with lies.
One day you'll be in the ditch, flies buzzin' around your eyes,
Blood on your saddle

Je m'éveillai sur le bas-côté, rêvassant à la manière dont les choses se passent quelques fois
Des visions de ta jument claire me jaillissent à travers la tête et me font voir des étoiles.
Tu blesses ceux que j'aime le plus et couvres la vérité de mensonges.
Un jour tu seras dans la fosse, des mouches à vrombir sur tes yeux,
Du sang sur ta selle

Dans ce texte le vent sert d’allégorie pour exprimer les humeurs du narrateur. 

You’re Gonna Make me Lonesome When you Go avec son intro à l’harmonica retrouve les accents de l’«ancien Dylan» le chant est moins possédé, moins urgent. 

Meet me In the Morning démarre à la guitare acoustique mais le chant est poignant. 

Lily, Rosemary and the Jack of Hearts encore un long titre de près de neuf minutes, dans une construction que reprendra souvent Springsteen avec une succession d’images qui rien ne semblent relier ensemble mais qui au final constitue un ensemble cohérent. 

If you see her,say hello, une chanson sur un amour passé, ses regrets

We had a falling-out, like lovers often will
And to think of how she left that night, it still brings me a chill
And though our separation, it pierced me to the heart
She still lives inside of me, we've never been apart

Nous avons eu un passage à vide, comme souvent en ont les amants
Mais de penser à la manière dont elle m’a quitté cette nuit-là, ça me fait encore frissoner
Et bien que notre séparation m’ait transpercé le cœur,
Elle vit encore en moi, nous n’avons jamais été séparés.

Shelter fron the Storm, encore l’histoire d’un amour contrarié par la loi, les autres, ici la femme est un refuge, un moyen d‘échapper au monde….

Well, the deputy walks on hard nails and the preacher rides a mount
But nothing really matters much, it's doom alone that counts
And the one-eyed undertaker, he blows a futile horn.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

Le shérif adjoint marche sur des clous et le prêcheur grimpe une monture
Mais rien n'a vraiment d'importance, seule compte la damnation
Et le croque-mort borgne, il souffle de son cor futile.
"Entre", dit-elle,
"Je t'abriterai de l'orage

Buckets of Rain qui clot le disque semble un peu faible après ce déluge de poésie.

Blood on the Tracks est l’album charnière qui ouvre une période faste, avec le lancement de la Rolling Thunder Revue, la commercialisation des fameuses Basements tapes avec The Band  et als ortie en 1976 de Desire. Ce disque sent la poudre, la sueur, l’urgence, le cri trop étouffé d’un poète fabuleux qui décide de reprendre sa place dans l’univers du rock et qui pour ses retrouvailles sort un chef d’œuvre.

Encensé à sa sortie, disque référence Blood On the Tracks est un pur manifeste dylanien refondateur de l’identité artistique de l’auteur, qui même s’il n’atteint pas en impact Higway 61 ou Blonde On Blonde se situe dans leur lignée.

 

Désolé pour la longueur, mais difficile d’évoquer DYLAN sans ses textes !

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Tag(s) : #MUSIQUE
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