
C’est au Trabendo que Derek Trucks effectue sa seconde apparition avec son groupe dans notre beau pays qui semble peu concerné vu le nombre de spectateurs pour entendre l’un sinon le meilleur guitariste de sa génération.
Depuis le show de mai 2006 et sa tournée mondiale avec Eric Clapton, Derek semble plus à l’aise plus sur de lui, certes il n’a pas dit un mot, mais il sourit, il fait des coup d’oeils complices à ses musiciens et surtout assume le leadership de sa formation. On assiste plus à un festival de lead-guitar avec des passages époustouflants à la slide, avec une part importante laissée à l’improvisation, un jeu de guitare fabuleux sans pédale d’effets, uniquement le son de la gratte et la slide bien sur.
Je me souviens d’un concert de Ben Harper, qui change de guitare à chaque morceau avec son accordeur sur le côté de la scène. Là c’est artisanal, Derek change d’accord à l’oreille, pour modifier la tonalité ou pour prendre un autre solo. Certes, ce petit blond timide a quand même remplacé (et fait oublier) Dickey Betts chez les Allman Brothers, et à quelques mois d’intervalles, on note l’incroyable assurance assumée par le guitariste.
Bien sur on ne peut que penser à Duane Allman, dont l’ombre plane au dessus de Derek, mais au-delà de cette influence clairement revendiquée, il reste un guitariste original, avec des compositions fortes et des cover de folie Key to the Higway exceptionnel et le morceau de Curtis Mayfiels en rappel Le reste du groupe souffre toujours de la faiblesse de Mike Mattison au chant, dont la voix soul se marie mal avec la musique et qui est souvent inaudible Le batteur est nouveau (semble-t-il et il a une frappe plus puissante ce qui muscle la musique. Kofi Burgridge, qui s’est tenu tranquille, est toujours excellent dans ses interventions à la flûte traversière et aux claviers qui colorent la musique et le bassiste se marre tout le temps.
Le côté musique hindou dans Sahib Teri Bandi / Maki Madni a été estompé et cela permet au show d’avoir une meilleure fluidité.
En résumé un show meilleur qu’en 2006 plus heavy, soulignant encore plus les immenses qualités de Derek qui s’exprime avec moins de retenu, et qui se lâche dans des solos gigantesques.