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Johnny CASH American III-Solitary Man

Solitary Man est le troisième album des American Recordings, avec toujours Rick Rubin à la production.

Il sort le 17 octobre 2000 et la petite histoire raconte que Johnny Cash, pendant cet enregistrement a passé autant de temps à l’hôpital qu’en studio.

A soixante-huit ans, il souffre d’une forme de maladie de Parkinson, et attrape une pneumonie. La pochette reflète son mauvais état de santé. Johnny semble reprendre son souffle devant l’entrée du studio, et tient avec difficultés sa guitare.

Et l’album est triste, sombre, crépusculaire, Cash sent sa vie s’en aller peu à peu, la maladie, l’ombre de la mort rôdent partout.

La reprise de « The Mercy Seat » de Nick Cave résonne comme une terrible sentence « And I’m not afraid to die…/But I’m afraid I told a lie ». L’homme en noir arrive au bout de son chemin, et il met en scène ses derniers moments.

Et c’est dans ces instants qu’il est fantastique, quand il expose sa vulnérabilité, quelques musiciens sont là pour le soutenir, les copains, Merle Haggard, Tom Petty, d’autres (Will Oldham, Teenage Fanclub, Norman Blake) viennent prendre une grande leçon de courage et de vie.

Les quatorze chansons racontent la bataille qui se perd, l’ombre noire qui s’avance, la vie qui peu à peu s’efface, quand un homme se retrouve face à la mort. Cash est croyant, ce qui lui donne vraisemblablement la force de continuer de chanter, de terminer l’album.

Sa voix et sa musique ont toujours contenu une tristesse, une nostalgie, un certain mal de vivre même au sommet de sa carrière.

Ici, tout est magnifié, la chanson Would You Lay With Me (In A Field Of Stone)” de David Allen Coe, ou le “One” de U2 et le somptueux « Solitary Man » de Neil Diamond.

Faites une expérience, écoutez les versions originales des chansons celles écrites par Cash et par les autres artistes, puis passez ce disque. Cash y est bouleversant de sincérité, d’authenticité, il a compris que c’est son dernier tour de piste, les dernières chansons qu’il grave, il se sait malade, et fatigué, pourtant il va porter les textes, les sublimer.

Johnny Cash ne triche pas, il lance ses dernières forces dans les enregistrements, Rubin a la grande intelligence d’écouter, de laisser faire, d’être là, sans trop intervenir, laissant les choses se faire naturellement.

Souvent il joue seul avec une guitare acoustique, les autres instruments ajoutés n’enlèvent rien à l’intensité de la musique (contrairement à Unchained par exemple où les Heartbreakers étaient très présents). Juste un homme, sa voix et sa guitare.

Mais cet homme c’est Johnny Cash et cela change tout.

Un grand album, comme une cérémonie des adieux, pour Johnny Cash, l’homme qui a marqué son temps,  se retire avec pudeur, classe et talent.

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