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THE ISLEY BROTHERS & SANTANA -Power of Peace

Objectivement depuis 1999 et Supernatural, la discographie de Santana ne donne pas vraiment envie, même si la parution de Santana IV était un léger frémissement. Rien à voir avec les années de feu, cette trilogie du début, et l’envoutant Caravanserai. Carlos a perdu la main, perdu aussi des membres importants dans sa formation et depuis un bout de temps il semble errer dans son univers musical afin de tenter sans succès de retrouver la magie qui a fait de lui un acteur majeur des seventies.

Cette fois, il se rapproche des Isley Brothers pour proposer un album de chansons sur la paix (super original) et excepté « . I Remember” compose par Madame, toutes les chansons sont des reprises. Chambers Brothers ("Are You Ready," "Love, Peace, Happiness"), Swamp Dogg ("Total Destruction to Your Mind"), Stevie Wonder ("Higher Ground"), Billie Holiday ("God Bless the Child"), Eddie Kendricks ("Body Talk"), Curtis Mayfield ("Gypsy Woman"), Muddy Waters/Willie Dixon ("I Just Want to Make Love to You"), Dionne Warwick/Jackie DeShannon ("What the World Needs Now is Love Sweet Love"), Marvin Gaye ("Mercy Mercy Me - The Ecology"), Leon Thomas ("Let the Rain Fall on Me")? Sy Miller and Jill Jackson "Let There Be Peace on Earth").

Sur le papier la collaboration entre les deux entités semble alléchante, mais par expérience on sait qu’assez souvent la montagne accouche d’une souris (cf Eric Clapton/ Wynton Marsalis) et avec le thème choisi on peut craindre que le côté mystique « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil «  de Carlos imprègne l’album.

Honnêtement c’est bien produit, bien arrangé, et Ron Isley chante toujours, merveilleusement du haut de ses 76 ans, ce qui nous change positivement des braillements rap des chanteurs du Santana Band. Et puis la guitare de Carlos égrène toujours ces notes immédiatement reconnaissables, elle sait se rendre discrète mais indispensable. Cindy Blackman Santana confirme aussi son immense talent à la batterie.

Pourtant, c’est trop prévisible, cela manque de groove, de folie, tout est très aseptisé, bien propre. Sur "Higher Ground" Santana semble hésiter entre la version de Stevie et celle des Red Hot Chili Peppers, du coup, il ne parvient qu’à faire un mix des deux qui ne ressemble pas à grand-chose. Idem pour "I Just Wanna Make Love to You" où Ron Isley peine à trouver le bon tempo.

Les morceaux lents sont plus réussis, mais il y manque ce feeling, ce truc qui bouleverse, quand Billie Holiday chante "God Bless the Child" par exemple, c’est une autre émotion, un autre espace intemporel, alors que là c’est léché mais très convenu.

"Gypsy Woman" de Curtis Mayfield laisse pourtant présager l’énorme potentiel de cette association. Des percussions superbes, une exposition parfaite du thème, Santana qui se lâche et les voix des Brothers qui s’incrustent en douceur ! Pareil pour « I Remember » où Carlos semble prendre à cœur la composition de son épouse, et les voix sont époustouflantes.

Alors pourquoi les autres morceaux sont aussi calibrés, sans surprises. Santana devrait comprendre qu’il ne retrouvera plus le public qu’il tente de séduire, alors il ferait mieux d’ouvrir les vannes et de s’en donner à cœur joie.

 

 

 

Tag(s) : #album

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