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Cotton-Mouth-Man-Cover

James Cotton est une des dernières légendes du blues, lui qui a joué avec Howlin’ Wolf et Muddy Waters, et à 77 ans il joue encore et toujours de l’harmonica, instrument difficile où le souffle et les lèvres sont mis à rude épreuve.
Et son nouveau CD, même s’il comporte des invités prestigieux, est avant tout celui de James.
Ses problèmes de santé de ces dernières années semblent résolus, et notre gars a écrit ou co-écrit avec son producteurTom Hambridge tous les titres de ce nouvel opus.
Attention, ce n’est pas un de ces trop nombreux disques qui sortent avec une vieille gloire épaulée par des invités plus connus, pour tenter de booster les ventes d’une industrie déclinante. C’est en priorité un disque où l’harmonica est omniprésent, où sa plainte déchirante vous donne la chair de poule, comme si Cotton était assis au bord d’un champ de coton dans le Deep South des années cinquante et que son souffle exprimerait la souffrance des travailleurs peinant sous le soleil implacable et les lourdes balles de coton sous les regards implacables et vigilants des contremaitres cajun.
Parlons des invités, avec par ordre d’apparition, Joe Bonamassa sur « Cotton Mouth Man ». J’ai toujours un peu de mal avec ce guitariste, excellent technicien certes, mais qui n’a pas réussi à trouver encore un style personnel, Bonamassa est un caméléon, il est capable de jouer comme X ou Y mais le jour où il jouera comme Bonamassa ce sera enfin plus personnel, cette remarque n’enlevant rien à la qualité intrinsèque du morceau.
La voix de Gregg Allman fait décoller «Midnight Train , » et là nous sommes au cœur du vrai blues, pas de ces machins light et sans saveur qui inondent le marché sous cette étiquette.
Keb Mo est présent sur deux titres l’excellent « Mississippi Mud » et « Wasn’t My Time to Go” parfaitement dans l’esprit et la tonalité du CD;
Darrell Nulisch se charge des voix sur les chansons sans guests et il s’en sort vraiment à son avantage dans « He Was There « « ou Bonnie Blue »
Et comme très souvent sur les disques de blues, on retrouve Warren Haynes au chant et à la guitare pour une autre petite madeleine de Proust « Something for Me ». Et contrairement à celui de Bonamassa, le jeu de guitare de Warren se reconnaît facilement alors que sur ce morceau, il joue dans un registre différent de ses prestations avec Gov’t Mule ou l’ABB. Litlle Joe écoute et apprend !
“Wrapped Around my Heart” est porté par une voix feminine, celle de Ruthie Foster, une autre connaissance de l’ABB family et une chanteuse superbe qui monte, monte au firmament des belles voix.
J’insiste encore, les invités sont des bonus non négligeables, mais ce disque est celui de James Cotton, ses chorus à l’harmonica donnent la couleur des chansons, et on entend le long de ses plages, le souffle encore chaud et fort d’un des derniers géants du blues, d’une légende vivante, qui contrairement à BB King par exemple, continue d’écrire et de sortir des CD avec du matériel neuf ne se contentant pas de faire fructifier son glorieux passé.
Si on aime le blues authentique, cet album est incontournable.

Cotton Mouth Man
Midnight Train
Mississippi Mud
He Was There
Something for Me
Wrapped Around my Heart
Saint on Sunday
Hard Sometimes
Young Bold Women
Bird Nest on the Ground
Wasn’t My Time to Go
Blues is Good for You
Bonnie Blue

Tag(s) : #MUSIQUE

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