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Kevin Ayers est décédé le 18 Février 2013 dans son sommeil à l’âge de 68ans.

Triste occasion pour évoquer ce musicien.

Pour débuter, il faut casser une légende, Kevin n’est pas un des artisans de ce genre douteux appelé maintenant « prog ». Certes sa carrière a décollé avec Soft Machine dont il fut le premier bassiste, mais sa participation au groupe fut très éphémère, un album et une tournée américaine, et quiconque connaît ses disques solos peut s’apercevoir que son univers est aux antipodes de la musique développée ensuite par la Machine Molle.

Si on veut vraiment jouer aux comparaisons, Kevin est le petit frère de Syd Barrett, même trajectoire de météore dans des groupes qui seront reconnus après leur départ (Pink Floyd et Soft Machine), même univers poétique, même folie, même force autodestructrice, Syd au LSD, Kevin à l’alcool.

Kevin Ayers est un poète psychédékique, un pierrot lunaire, il tient nettement mieux le pichet que la six cordes et ses disques sont parsemés de pépites superbes, mais aussi de grosses bouses mal fagotées.

C’est aussi ce qui fait son charme, son élégance, sa séduction.

Ainsi,  The Lady Rachel  une de ces compositions les plus connues est de toute beauté, mais celle qui suit sur cette excellente compilation, Stop This Train (Again Doing It),est une récréation assez dispensable, qui se perd en route (ou sur les rails) dans une longue phase répétitive, mais c’est aussi cela l’univers de notre homme, c’est un tout qu’il ne faut surtout pas chercher à segmenter.

Mes morceaux préférés sont ces chansons un peu décalés où la guitare sèche égrène des notes mélancoliques comme ce superbe Eleanor's Cake (Which Ate Her) ou Stranger in Blue Suede Shoes qui me fait inévitablement penser à un héros de western-spaghetti . ou May I? superbe.

Religious Experience est le résultat d’une collaboration avec…Barrett, mais cette expérience ne restera pas dans les mémoires.

Et au fil des plages se succèdent des morceaux superbes Clarence in Wonderland ou Soon Soon Soon (Ayers est toujours excellent quand il chante avec une voix féminine) mais certaines dissonances ont particulièrement mal vieillies (Rheinhardt & Geraldine / Colores Para Delores ou Shooting At the Moon)

J’ai toujours pensé que The Oyster and the Flying Fish avait fortement inspire Steve Hillage pour son album Fish Rising, même si les Ouh là, ouh là là là sont inimitables et déjantés chez Kevin.

Le CD 4 documente un concert, chose rare, car il existe peu d’enregistrements live, avec en super bonus une longue, très (trop?) longue version du  fameux Why Are We Sleeping? Seize minutes au compteur et la sentence terrible Get of my Dream….Why, why…. Are We Sleeping?

L’univers d’Ayers résumé en une phrase ! !

 

Notre dandy anglais, a aussi découvert un jeune guitariste prometteur de seize ans et demi,  sur l’album Shooting At the Moon, qui quelques années plus tard sortira Tubular Bells.

Outre Mike Oldfield, Kevin Ayers a fait d’autres  belles rencontres, comme ce concert du premier juin 1974, avec Nico, Eno et John Cale, ou les reformations éphémères et enfumées de Gong avec l’autre grand allumé du premier Soft Machine, David Allen avec qui il a conceptualisé le Banana Moon.

Soyons réaliste, la carrière de Kevin a été en demi-teinte, quasi confidentielle, le genre d’artiste cité souvent dans la presse et par les musiciens, mais…peu écouté !

Il n’a jamais cherché la gloire, prévu de stratégie de conquête, préférant vivre sous le soleil d’Ibiza, puis au milieu des vignes de l’Aude.

Certes certains titres subissent l’implacable usure du temps, mais beaucoup d’autres à la beauté intemporelle traverse vigoureusement les années.

 

Thank You Very Much comme vous le chantiez Mister Ayers !

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Tag(s) : #MUSIQUE

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