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Il est des moments où on se dit qu’il est indispensable de revenir aux fondamentaux, écouter ceux qui ont fait l’histoire de cette musique, lui donnant ses lettres de noblesse, en l’élevant vers les sommets.
 Un soir de novembre 2005, les mains sur les hanches de ma Belle, je regardais ce mec malingre, les doigts crispés sur son piano électrique, éructer Desolation Row.
Je crois que cette image, cette scène, m’ont plus appris sur le bonhomme que des dizaines d’articles, de théories, d’études.
 Il jouait ce soir là à Paris, après des dizaines de dates avant de continuer en Allemagne, à Londres comme un prêcheur infatigable dont l’harmonica serait le bâton de pèlerin, sauf qu’il ne cherche pas/plus à convaincre ou convertir, continuant ce Never Ending Tour entamé depuis plus de dix ans.
Quelques semaines plus tard, pendant deux mois, en janvier et février 2006, dans le théâtre de l'Opéra de Poughkeepsie, au nord de l'Etat de New York, le même groupe (Tony Garnier (basse, violoncelle), George Receli (batterie, percussions), Stu Kimball et Denny Freeman (guitares), Donnie Herron (steel guitar, violon, viole, mandoline)) allait répéter puis enregistrer à Manhattan Modern Times premier album studio depuis cinq ans.
On a un peu de mal à parler de chef d’œuvre, tant la carrière du Zim a été marqué par des moments exceptionnels, couplés à des merdes spongieuses et innommables, mais les dix chansons que contient ce CD font partie du haut du panier.
Déjà, la voix.
En concert notre homme s’en donne à cœur joie pour défigurer, déstructurer ses textes, ne chantant quasiment pas, se contentant d’un talk over avec une accentuation sur le dernier mot, ce qui donne un effet saisissant et des tas de difficultés à reconnaître les chansons.
Dans ce CD, la voix est traitée comme un instrument à part entière,tantôt grave et profonde, tantôt douce et souple et c’est la grande surprise, Dylan chante encore ! Le groupe qui se connaît bien est excellent, et la production excellente et pas surchargée. Thunder on the Mountain, débute le CD avec une évocation de la chanteuse Alicia Keys (!) et je vois mal ce qu’elle fait là avec le reste de la chanson mais c’est Dylan et le titre est superbe puis Spirit On the Water très jazzy suivi d’une relecture/appropriation de Rollin & Tumblin’.
Un immense morceau ensuite When The Deal Goes Down, nostalgique où Dylan chante superbement, pose sa voix dépouillée sur un tempo original comme unevalse funèbre. Someday Baby est très country rock mais plus classique, contrairement à Workingman's Blues 2 écrit selon Bobby himself en homage à Merle Haggard, mais c’est une chanson sociale sur le travail, la souffrance vision assez pessimiste du monde moderne (Modern Times?).
 Beyond The Horizon avec la voix superbe, éraillée, jolie balade suivi de Netti Moore encore un grand moment que The Levee's Gonna Break prolonge remarquablement toujours avec ce tempo country rock.
L’album se termine sur la plus belle chanson  Ain't Talkin' long blues déchirant:
Ain’t talkin’, just walkin’
My mule is sick, my horse is blind.
Heart burnin’, still yearnin’
Thinkin’ ‘bout that girl I left behind.

Je parle pas je marche, c'est tout,
Mon mulet est malade, mon cheval ne voit plus
Mon coeur brûle, il désire encore
Je pense à la fille que j'ai laissée là-bas.

 Et Dylan sera toujours Dylan.
 Sauf erreur depuis la sortie du CD, il n’a joué AUCUN des nouveaux titres en concert et en plus il réduit de plus en plus la durée du set 14 chansons aux USA cet été.

Mais c'est DYLAN.
Tag(s) : #MUSIQUE

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