LE BRUIT DE L'AMERIQUE
NEW YORK 11/09/2006, Pont de Brooklyn
NEW YORK 11/09/2006, Pont de Brooklyn
Terrible à écrire, terrible à supporter la détention de Florence et Hussein en IRAK
Il existe des moments où la vie mérite d’être vécue.
Comme le jour où j’ai appris que CREAM se reformait pour quelques soirs au Royal Albert Hall de Londres.
CREAM, le power trio mythique, seul concurrent de l’EXPERIENCE de Jimi Hendrix, CREAM qui focalise le pire et le meilleur, les solos interminables, les égos surdimensionnés, les concerts marathons.
Un soir de 1970/1971, je ne sais plus, je pose sur mon vieux tourne disque un 33tours à la pochette bleue nuit, Best of Cream.
Le choc ! Dès la première écoute de White Room, le morceau qui m’accroche vraiment, la voix ample de Bruce, les roulements de Baker et les solos de Clapton font exploser les sons dans ma chambre. Je comprends tout de suite pourquoi Clapton est surnommé God. Jimi est déjà reparti sur la planète Mars (Excuse Me I Kiss Me In the Sky) mais ce 33T me fait grimper aux rideaux et plus encore que Sunshine of Your Love ou Spoonful ou Croosroads, il y a deux secondes miraculeuses dans Badge, quand la musique s’arrête et puis après ce court silence, Clapton reprend le riff sur un autre rythme, relayé par la batterie de Baker, puis la voix de Bruce.
Certainement un de mes moments de musique préféré ;
Et les années ont passé, j’ai vu Clapton sur scène des tas de fois, j’ai guetté cet instant magique, ce silence quasi parfait, malgré le public qui hurle ou applaudit, cette beauté sublime, ces notes qui montent au ciel pour chatouiller la moustache de Jimi.
Mais voilà, les billets se sont vendus en une demi heure et mon projet de sauter dans le Shuttle à mon retour de New-Orleans pour courir dans cette salle au bout de Londres s’est évanoui.
Alors depuis les premiers jours de mai, je guette les sites de musique pour au moins écouter à défaut de voir... en attendant la sortie du CD/DVD et surtout une tournée……
Alors ils ont vieilli bien sur, Bruce n’a plus cette voix qui emporte tout, Baker cogne moins fort et fouette ses cymbales plus délicatement, mais ….C’est CREAM, avec le solos de Clapton, une set liste géniale (cf ci-dessous) les blues des vieux maîtres, et les morceaux de légende.
Quasiment plus de délires improvisés mais deux heures de musique pour perpétuer le rêve, faire revivre cette magie rangée à jamais au panthéon du rock
Voici la set list du 03/05/2005
J’ai des dizaines de CD à écouter, pourtant c’est CREAM qui vampirise la platine ! !!
I'm So Glad (Skip James) 04:46
Spoonful (Willie Dixon) 07:57
Outside Woman Blues (Reynolds) 03:31
Pressed Rat and Wart Hog (Ginger Baker/Mike Taylor) 03:12
Sleepy Time Time (Godfrey/Bruce) 05:50
NSU (Bruce) 04:54
Badge (Harrison/Clapton) 03:59
Politician (Bruce/Brown) 04:30
Sweet Wine (Godfrey/Bruce) 06:10
Rollin' & Tumblin' (Muddy Waters) 04:40
Stormy Monday (Walker) 07:10
Deserted Cities of the Heart (Bruce/Brown) 03:41
Born Under a Bad Sign (Booker T. Jones/William Bell) 05:20
We're Going Wrong (Jack Bruce) 07:30
Crossroads (Robert Johnson) 03:56
Sitting on Top of the World (Chester Burnett) 05:28
White Room (Bruce/Brown) 05:29
Toad (Ginger Baker) 09:12
Encore:
Sunshine of Your Love (Bruce/Brown/Clapton) 08:26
L'une des plus belles machines du rock, qui a brûlé au fer rouge des générations entières renaît tel le phénix éclatant.
Le monde entier doit en profiter ! ! !
Vite, vite une tournée !!!!
Toujours pas de nouvelles de Florence et Hussein
Jattendais avec impatience le concert de POCO & Friends à lOlympia ce lundi.
A peine rentré des U.S.A. voici que lun des fleurons de la musique californienne se produisait à Paris. POCO, son country rock élégant et aérien, lautre moitié de Buffalo Springfield à lorigine.
Sauf que
En lettres rouges sur laffiche, figurent POCO ET Jefferson Starship dans cet ordre, bizarre, bizarre
Après avoir discuté avec les « habitués » nous prenons nos places dans un capharnaüm pas possible, les ouvreuses passant plus de temps à sengueuler quà placer convenablement les spectateurs; enfin nous sommes au 15ème rang juste au milieu.
Sauf que
Cest Poco qui ouvre la soirée, sur le coup je ne pige pas et je confonds Paul Cotton avec Paul Kantner du JS mais je reconnais Rusty Young quand même qui occupe la scène en racontant des blagues
Jai néanmoins du mal à my retrouver, comprenant mal la présence de « Kantner » dautant que les quatre premiers morceaux sont complètement inaudibles et jai du mal à admettre que Rusty Young soit obligé de bricoler son matériel sans roadie. Il râle après cette « merde japonaise », mais rien ny fait, il ne parvient à obtenir un son correct de sa gratte
Alors, sur Under the Gun, il joue dune petite guitare puis de la steel et le concert démarre vraiment
Sauf que
Les harmonies vocales, lune des marques de fabrique du groupe, un de leur point fort qui caractérise leur son ne sont pas au point. Rusty Young est malade et les voix déraillent par instant.
De plus le batteur remplaçant manque un peu de subtilité dans son jeu.
Quelquun réclame Crazy Love qui sera joué et à compter de cet instant que du bonheur.
Les guitares acoustiques sont superbes, les voix retrouvent leur beauté et sélèvent dans la salle, la pedal steel de Rusty npus donne la chair de poule. Bad Weather présenté avec humour, deux cover de JJCALE, Magnolia et Cajun Moon avec un échange danthologie avec Claude Langlois (guitariste de Paul Personne à la slide) et cerise sur le gâteau On the Way Home de Buffalo Springfield.
90 minutes, cest déjà fini, 90minutes dont 30 de son pourri, une heure de grand POCO
On parle de Starship ?
Kantner ressemble à une vieille femme avec son bandeau dans les cheveux pour cacher un début de calvitie, et il semble avoir remplacé lacide par la téquila quil au goulot entre chaque morceau, mais il reste néanmoins un guitariste rythmique très moyen.
Pourtant, sa guitare couvre tout, la voix de la chanteuse Diana Mangano, lautre guitariste SLick AIguila, et Chris Smith le mec qui fait orgue/basse à
La chanteuse très jeune plutôt mignonne avec ses longs cheveux et son pantalon en cuir rouge, joue les Grace Slick et passe son temps à demander (justement) à être éclairée, mais de toute façon on ne lentend pas !
Dentrée, ils massacrent We can be together, et ensuite sacharnent sur Volunteers, When the Earh Moves Again, Somebody to Love, White Rabbit.
On devrait interdire à ce brave Paul de massacrer les morceaux de lAirplane
Comme beaucoup, je suis parti avant la fin, en me souvenant quen mars Jorma et Jack avait illuminé lOlympia en une heure de set acoustique.
Mary Balin, chanteur historique, est resté aux States pour soigner sa femme, on ne peut pas lui donner tort.
Et enfin cest quoi ce bordel ?
On annonce POCO & FRIENDS donc on se dit légitimement que POCO joue et fait intervenir ses potes.
A la place POCO débute le show joue donc 1h30 et ensuite on se tartine les élucubrations de Kantner.
Bon je vais réécouter les albums originaux de lAirplane, mais que cest dur de voir un de mes groupes mythiques être aussi mauvais ! !
Et 1 heure dexcellent POCO sur une soirée cela fait cher la note de musique
SETLIST POCO:
1 "Legend" (LEGEND - 1978)
2 "Call it love" (LEGACY - 1979)
3 "Rose of Cimarron" (ROSE OF CIMARRON - 1976)
4 "Shake it" (RUNNING HORSE - 2002)
5 "Under the gun" (UNDER THE GUN - 1980)
6 "If your hearts needs a hand" (RUNNING HORSE - 2002)
7 "Spellbound" (LEGEND - 1978)
8 "Bareback" (LIVE AT GOODWIN RANCH, MONTANA - 2005)
9 "Never get enough" (RUNNING HORSE - 2002)
10 "Crazy love" (LEGEND - 1978)
11 "Bad weather" (FROM THE INSIDE - 1971)
12 "Never loved... Never hurt like this" (RUNNING HORSE - 2002)
13 MEDLEY : "Pickin' up the pieces" / "Child's claim to fame" (PICKIN' UP THE PIECES - 1969 / cover de Buffalo Springfield: BUFFALO SPRINGFIELD AGAIN - 1967)
14 "Magnolia" - cover de J.J. Cale - (CRAZY EYES - 1973)
15 "Heart of the night" (LEGEND - 1978)
16 "Cajun Moon" - cover de J.J. Cale - (COWBOYS & ENGLISHMEN - 1982) W/ Claude Langlois, guitariste de Paul Personne, à la slide.
17 "On the way home" - cover de Buffalo Springfield - (LAST TIME AROUND - 1968)
(Merci à JC pour la set-list)
Toujours pas de nouvelles de Florence et Hussein
J'ai toujours hésité avant d'écrire quelque chose sur ce mec. Trop compliqué, trop complexe et surtout je crois que notre homme est plus un poète qu'une star du rock.
Quarante ans de carrière, certainement le parolier du rock le plus vénéré, le plus copié, il faut donc dépasser l'aspect musical pour s'attaquer aux textes .
Mais voilà un soir d'hiver 2004, j'écoute son concert du Zénith le 13 novembre 2003.J'avais zappé ce rendez-vous mais ....
They need somewhere to go/As lady and I look out tonight/From the Desolation Row
Ils cherchent un endroit où aller/Comme madame et moi regardons dehors ce soir/l'allée de la désolation (Desolation Row)
Un jour de 1989, Bob DYLAN a décidé d'entamer le Never Ending Tour, qui continue. Cent concerts par an en moyenne, à 64 ans, à travers les States, l'Europe, les Antipodes, une tournée d'adieu sans adieux, où le ZIM soir après soir marmonne, malaxe, déchiquète, broie, tous ses hits anciens et nouveaux.
Hey Mr Tambourine Man, play a song for me/I'm not sleepy and there is no place I'm going to/ Hey l'homme au tambourin joue moi une chanson/Je n'ai pas sommeil et n'ai nulle part où aller (Mr Tambourine Man)
30/04/2002 Zenith. Je rentre d'une super semaine de vacances à Marrakech, seulement polluée par le résultat du 21 avril.
Le Zim attaque son concert sans un mot sur la situation politique, pas heureux que des spectateurs arrivent en retard. De la façon dont il massacre d'entrée Desolation Row et Higway 61 on sent que Monsieur DYLAN n'est pas dans un bon jour. Les chansons sont descendues à la hache, marmonnées à la Gainsbourg, déstructurées, tellement déjantées que je ne reconnais pas Like a Rolling Stone. Le groupe qui joue derrière lui est pourtant excellent, mais voilà, Monsieur a décidé de bâcler le show.
Et croyez moi il met le paquet, avec son air de picador mexicain coulé dans un fute qui lui moule le cul, sa petite moustache de mafioso, son chapeau de cow-boy, sa guitare portée très haut sur le ventre. Il est maigre, il danse comme un canard, le genre de mec que surtout tu ne ramènes pas à la maison sauf si tu souhaites le départ de ta copine. Après avoir passé tout son répertoire à la tronçonneuse, il se casse vite fait.
Je sors pas vraiment surpris, mais je ne comprends pas pourquoi il tourne autour du monde depuis plus de dix ans.
Pour massacrer sa légende?. C'est fait depuis longtemps.
Pour le fric? Je ne crois pas, les droits d'auteur doivent lui permettre de vivre peinard. ALORS?
Moi je crois que c'est tout simplement un putain de connard qui n'a pas envie de rester chez lui avec femmes et enfants et qui chaque soir remet sur scène un bout de sa vie avec la certitude d'être le meilleur et ceux qui sont de son avis sont des cons et les autres aussi.
Moi je trouve cette idée séduisante non?
How many roads must a man walk down/Before you call him a man
Combien de routes un homme doit-il parcourir/avant que vous ne l'appeliez un homme?(Blowin' in the Wind)
C'est sur qu'un mec qui a écrit des tas de chansons, dont certaines sont devenues des classiques, qui a changé la vie d'un tas de gens, pose un regard différent sur la gloire et la fortune que le commun des mortels. DYLAN c'est à RIMBAUD ou LORCA qu'il fait référence dans A Hard Rain's a Gonna Fall par son approche narrative avec l'emploi du "je" puis ensuite celui de "entendu" et enfin de "où". Chanson apocalyptique qui charrie des images déglinguées sur fond de guerre, le titre est une référence à la pluie nucléaire, et tout au long du poème revient le "my blue-eyed son", sorte de Petit Prince symbole de pureté dans cet univers de feu, qui pose les questions.
Got to hurry on back my hotel room/Where I've got me a date with Boticelli's niece/She promised that she'd be right with me/When I paint my Masterpiece
Je retourne vite dans ma chambre d'hôtel/ Où j'ai rendez-vous avec la nièce de Boticelli Elle m'a promis d'être là près de moi/Quand je peindrais mon chef-d'oeuvre
(When I Paint My Masterpiece)
Notre Bobby a un gros problème depuis longtemps: c'est un parolier génial mais ses chansons marchent mieux quand les autres les chantent !!
HENDRIX a magnifié All Along The Watchtower, Joan BAEZ a fait de Blowin' in the Wind un protest-song mondial, les BYRDS ont enluminé avec leurs Rickenbacker, Mr Tambourine Man et des tas d'autres, le BAND et le GRATEFUL DEAD se sont investis dans When I Paint my Masterpiece, tout le monde a diffusé les mots de DYLAN aux quatre coins de la terre.
Now little boy lost, he takes himself so seriously/He brags of his misery, he likes to live dangerously
Petit garçon perdu, il se prend tellement au sérieux/ Il se vante de sa détresse, il aime vivre dangereusement (Visions of Johanna)
Alors cela énerve. Aussi, pour montrer qu'il est le meilleur, il se lance dans la Rolling Thunder Revue un joyeux bordel avec des gens qui vont et viennent, après il tourne avec Mick TAYLOR, puis enregistre avec Mark KNPOFLER, foire une tournée avec le GRATEFUL DEAD, se convertit au christianisme pur et dur et sort deux albums de "rock chrétien" bourré de sermons directement extraits de l'Ancien Testament .
Dans le genre je suis une teigne et je le prouve, il ouvre un concert en 1978 à TOKYO par A hard rain....mais en instrumental. Les japs repasseront à la caisse l'année prochaine pour entendre les paroles.
Au début de sa carrière, il avait achevé les puristes folk, en branchant sa guitare sur un ampli au festival de Newport
How does it feel?bis /to be without home/Like a complete union/Like a Rolling stone
Comment se sent-on? bis/Quand on est sans maison/Comme une parfaite inconnue/Comme une pierre qui roule?
(Like a Rolling Stone)
Et donc maintenant pour finir en beauté, mourir sur scène, voici le Never Ending Tour
Incroyable, alors que tous les grands du rock font une tournée mondiale puis se reposent deux ou trois ans en claquant leur blé, notre Bobby est toujours sur la route, à jouer dans des endroits plus ou moins minables, des bleds paumés que tu trouves même pas sur une carte des States, après il vient faire un tour en Europe, toujours un peu dans les mêmes pays et hop back in the USA.
Et tout le long de ces chemins des tas de gens dans tous ces pays vont et reviennent assister à ce spectacle. En 2002, j'avais décidé que les prochaines fois cela serait sans moi, mais ....
The line it is drawn/The curse it is cast/The slow one now will/Later be fast/As the present now/Will later be past
La ligne est tracée/La malédiction est lancée/ Ce qui arrive maintenant/Va bientôt s'accélérer/ Comme le présent de maintenant/ Sera bientôt le passé
(The Times They are A-Changin')
Dylan a une intuition fantastique, il a compris très vite le pouvoir des mots sur une foule, intégré que son message serait mieux entendu sous un déluge électrique, c'est lui qui sort le premier double LP du rock (Blonde on Blonde); qui demande un cachet faramineux pour jouer au Festival de Wight, sa venue triplant le nombre d'entrées.
Et j'écoute ce concert de1964 sorti chez SONY pour contrer les pirates où seul avec son harmonica et sa guitare il chante superbement ses chansons avec un coup de main de Joan BAEZ. Qui peut alors imaginer que ce troubadour contestataire, quelques mois plus tard branchera l'électricité en se gavant de LSD et de speed.
DYLAN est un clown lunaire, une sorte de mystique qui ne reconnaît qu'un maître: lui-même.
Pour en revenir, à ce fameux concert du 13/11/2003 à PARIS, on retrouve un Bobby plutôt en forme qui CHANTE (et non pas psalmodie) ses textes, avec des grands titres qui cette fois sont identifiés au premier accord, le groupe assurant toujours brillament. Quel contraste à 15 mois dintervalle ! ! !
Du coup, on écoute la suite, les concerts américains du début dannée 2004 excellents eux aussi, avec une set-list différente chaque soir
Il existe une magie dans toutes les bandes studios et dans les live du mec, ce sentiment dêtre en face dun artisan fou et génial, capable de toucher au sublime ou de pondre des merdes spongieuses.
November 13, 2003(20 minute break)
(encore)
Voilà ce que jai écrit en 2004 sur le bonhomme. Depuis je butine quelques concerts ou récents, ou ceux avec Tom Petty ou Mick Taylor ou le Band et finalement la liste est longue, longue.
Je croyais ne pas trop aimer DYLAN . En fait il fait partie de ma vie depuis si longtemps que jai appris à vivre avec lui, à supporter ses concerts foireux, à aimer les autres.
A acheter ses mémoires dès leur sortie
Florence et Hussein toujours otages en IRAK
C’est jeudi 28/04/2005, à
Je suis à dix mètres de la scène, au milieu d’un public cool, sympa. Je me suis faufilé pendant le set de Clarence « Gatemouth » Brown dans les premiers rangs sans difficulté. Les Américains sont assis sur des chaises qu’ils transportent, ou allongés ou debout. Toutes les classes d’âge sont représentées dans cette joyeuse kermesse qui se déroule paisiblement sous le chaud soleil de Louisiane.
J’ai jamais vu BB King sur scène mais bien sur, je connais le bonhomme, ses disques, son histoire et Lucille sa guitare.
Son groupe joue deux instrumentaux avant son arrivée, chemise marron, air rigolard qui s’installe sur une chaise avec Lucille sus ses genoux.
La première partie sonne assez rythm’& blues avec les cuivres et peu d’interventions de BB King qui se contente de chanter et de dialoguer avec le public.
Il a quatre-vingts balais et il semble s’économiser, mais il a le sens du show. Il dit qu’il est content de retrouver New Orleans là où les mecs sont cool et les femmes les plus belles du monde, il provoque un peu le public en disant que c’est bien calme qu’il n’entend pas bien si tout le monde est « Are you ready ? », il balance deux ou trois accords et puis continue son dialogue ponctué de quelques envolées du groupe.
Pourtant, au bout d’une demi-heure, les cuivres quittent la scène et le bassiste et l’autre guitariste s’installent sur des chaises de chaque côté de lui.
Enfin du blues, enfin les larmes de Lucille…BB King joue sans médiator, mais les accords qu’il plaque, résonnent dans les amplis. C’est la musique du Mississipi, celle que Robert Johnson enregistra le premier dans les années trente, le cri de souffrance du peuple noir qui se propage sur chaque rive du fleuve et qui monte dans le soleil couchant de l’hippodrome.
C’est le chant, la guitare d’un des derniers bluesman historique.
Lucille pourrait en raconter des histoires sur ces clubs miteux, le racisme, les organisateurs véreux, les années de vache maigre quand le blues était plus qu’une musique mais un mode de vie. Mais Lucille a connu aussi la gloire, la reconnaissance, l’adulation de tous ces blancs becs anglais qui sont venus piller les accords et le style. Certains ont payé leur dîme, comme Eric Slowhand Clapton, qui a enregistré un CD entier avec lui et qui l’invite régulièrement à ses concerts. Finalement, les blancs-becs l’ont fait connaître partout dans le monde lui permettant de voyager, de faire la juteuse tournée des festivals européens. Mais ils lui devaient bien cela non ?
Parce que BB King est un rescapé de ses années difficiles, des lois scélérates sur la discrimination raciale, témoignage vivant du combat du peuple noir.
BB King a des mimiques incroyables quand il joue, son visage se tord exprimant la beauté, la joie ou la douleur.
Ce n’est pas le meilleur concert que j’ai vu, mais…
C’était jeudi 28/04/2005 à New-Orleans pas loin d’où cette musique est née.
C’était jeudi à New-Orleans, des notes magiques qui s’échappent de la guitare noir d’un vieux bonhomme assis sur scène juste devant moi.
C’était jeudi à New-Orleans, aux USA le pays du blues, le pays où la musique que j’aime est née, c’était jeudi à New-Orleans et j’étais heureux comme un gosse d’y être ! ! !
Plus de 120 jours de détention pour Florence et Hussein.
Cest à
Quand la nuit tombe, les enseignes clignotent, le son enfle, les rabatteurs tendent à bout de bras, leurs pancartes publicitaires, la plupart ont un kit micro pour se faire mieux entendre des badauds. La foule qui se presse dans la rue devenue piétonne, est bigarrée, des jeunes, des vieux, des touristes, des bandes de teenagers excités déambulent un verre à la main. Oui un verre à la main, de la bière, ou plus souvent, un cocktail dans un verre plastique de la forme de celui où est servi le Hurricane. New-Orleans est un havre de tolérance (par exemple à laéroport de Houston si vous achetez un litre dalcool en duty-free, il faut le déposer avant dembarquer et vous le récupérez dans lavion), une exception dans lAmérique puritaine. Cest la ville qui ne dort jamais, The Big Easy .
Et chacun peut entrer dans une boîte ou un club, où pour environ 5USD (le prix dune consommation) vous pouvez assister à un set dune heure dun groupe.
Toutes les musiques sont représentées, il suffit découter sur le trottoir ou devant la porte pour apercevoir le show et de faire son choix.
Bien sur, juste à côté les grands clubs, Preservation Hall avec des jazzmen qui jouent une musique pure sans amplification ou House of Blues avec une programmation à tomber par terre, mais sur Bourbon, cest plus délirant, plus fou.
Je choisis, un groupe du nom de Rock Box qui joue un rock/blues assez heavy. Dans la salle, les fans sont au premier rang et chantent les chansons avec le groupe. Les serveuses plutôt sexy, circulent dans la salle avec des petits tubes, genre tubes de chimiste, remplis dalcool. Pour inciter les clients, elles proposent soit de mettre le tube entre leurs seins ou alors elles mettent dans leur bouche la partie fermée, et font couler le liquide dans celle du client.
Vous imaginez lambiance !!
Mais ce nest pas vulgaire, au contraire cela se passe dans une atmosphère extraordinairement sympa, les Américains viennent discuter (enfin il faut couvrir le bruit du groupe !) et tout le monde danse, agite les colliers du Mardi-Gras ou les plumes genre Janis Joplin. Cest la fête tout simplement, sans agressivité.
Un peu plus loin, Marthe Wright chante son blues/langoureux. Autre climat, plus cool, ambiance chaude, je finis rapidement mon Southern Comfort, et me laisse envoûter par cette voix incroyable. Là, à la fin du show ceux qui donnent un pourboire reçoivent un collier. Autre ambiance, plus feutrée.
Et dans la rue la fête continue. Sur les balcons, certains jettent des colliers à condition que les filles montrent leurs seins. Bien sur cela marche, il est around midnight comme on dit et la nuit ne fait que commencer. Pas de gens saouls, pourtant la quantité dalcool consommée dans cette rue doit être impressionnante !
Cest un soir comme les autres sur Bourbon Street et cest magnifique cette Amérique là ! ! ! !
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