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Léonard COHEN  - You Want It Darker

Cela deviendrait-il une habitude malsaine? En octobre, les années paires, le gars Léonard nous sort un nouvel album. Quatre-vingt-deux ans au compteur, et obligé d’écrire encore, de travailler en studio, vu que selon lui, son manager l’a escroqué alors qu’il tentait de léviter dans un temple bouddhiste et de profiter de longues méditations…

En plus, sa muse, la fameuse Marianne (de son vrai nom Marianne Ihlen) est décédée en juillet dernier. Vous avez certainement remarqué que notre ami n’est pas vraiment du genre marrant, alors avec cette perte on imagine facilement son état d’esprit.

Donc si, par pur hasard, vous pensiez vous servir de son CD pour animer votre prochaine fiesta, oubliez !

le CD de 2014 durait trente-six minutes celui de 2016… trente-six minutes.  Il est économe Léonard

A la production le fiston (ben à son âge on ne va quand même se mettre dans les frais d’autant que le prix Nobel et le pactole qui l’accompagne c’est parti sur le compte en banque de Dylan).

Et on entre tout de suite dans l’ambiance, avec cette liturgie funèbre qui ouvre l’album et les mots pas vraiment gais « You want it darker /Hineni, hineni /I'm ready, my lord / There's a lover in the story / But the story's still the same” (Vous voulez plus sombre /Hineni, Hineni / Je suis prêt, mon seigneur / Il y a un amant dans l'histoire /Mais l'histoire est toujours la même »).

Bon on peut quand même se demander s’il ne perd pas un peu ses gamelles « J'ai récemment dit que j'étais prêt à mourir... je crois que j'ai exagéré. En fait, j'ai l'intention de vivre éternellement ! » dit-il conte-disant ses propos au New Yorker quelques jours plus tôt « «Je ne pense pas que je serai capable de finir ces chansons. Peut-être, qui sait? Peut-être que je connaîtrais un second souffle, je ne sais pas, «J'ai encore du travail à terminer. Mais je suis prêt à mourir. J'espère juste que ce ne sera pas trop inconfortable. C'est ma limite.»

En écoutant l’album dans son intégralité on pense irrésistiblement au Johnny Cash des American Recording, l’atmosphère y est encore plus crépusculaire, oppressante, l’obsession de la mort prochaine hante véritablement les morceaux . « I'm leaving the table / I'm out of the game / I don't know the people / In your picture frame /If I ever loved you or no, no /It's a crying shame if I ever loved you / If I knew your name “ (Je suis hors du jeu / Je ne connais pas les gens /Dans votre cadre photo /Si jamais je vous aimais ou non, non / C’est une honte de vous aimer / Si je connaissais votre nom ») dans « Leaving the Table »

Dans « Traveling Light” il reprend l’ambiance musicale de « Save the Last Dance for Me » mais c’est sombre, sombre, comme s’il rentrait pas à pas dans une obscurité mortelle.

Et histoire de bien marquer les esprits, Cohen demande à Gien Zelermyer qui est, si je comprends bien, chef de chorale dans une synagogue à Montréal de participer à plusieurs titres (« You Want It Darker » et « It Seemed the Better Way »), ce qui donne une couleur très bizarre de requiem.

Ce serait le dernier album du Canadien, encore que s’il est encore de ce monde, il peut nus refaire trente-six minutes en 2018.

Ces chansons tristes, sont particulièrement déconseillées aux malades, aux suicidaires, aux déprimés, Cohen n’a jamais fait dans la dentelle, mais pour son final il se surpasse !

String Reprise / Treaty
Steer Your Way
It Seemed the Better Way
Traveling Light
If I Didn’t Have Your Love
Leaving the Table
On the Level
Treaty
You Want It Darker

Tag(s) : #album

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