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Beth HART -Fire On the Floor

Je me souviens encore de ce concert de Beth HART au New-Morning en mars 2012 avec un gamin de 22 ans à la guitare (Josh Gooch) qui amplifiait et magnifiait le chant superbe de la dame.
Quatre ans plus tard, quatre ans seulement mais une éternité pour le monde musical…Elle a fait son chemin en France et en Europe remplissant à plusieurs reprises l’Olympia, emportant l’adhésion dans les festivals.
Pourtant au fur et à mesure de ses prestations, de ses albums, une crevasse, puis une faille….Incontestablement sa voix est l’une des plus belles, elle peut chanter dans tous les styles, et c’est peut-être là l’origine de cette fameuse faille.
Déjà dans les deux précédents albums studios on percevait une tendance à élargir son public en lorgnant du côté fourre-tout de la variété internationale, en tentant de mélanger Billie Holiday, Etta James et Marylin Monroe (ou pire Céline Dion)

Et cette fois, on amplifie le système, on ratisse encore plus large, avec « Jazz Man » une chanson à la Melodie Gardot, puis deux bluettes « Love Gangster » et l’indigeste « Coca Cola » avec des paroles aussi mauvaises que la boisson « We lie on the Beach / And we mess up the Sheets / And it tastes like Coca Cola / Just like Coca Cola /He tastes like Coca Cola do”
Après ce monument de médiocrité, l’album déroule son ennui, seuls quelques beaux chorus de guitare dans « Fire On The Floor » le titre le plus réussi secouent la morosité qui s’installe.

Certes la voix est toujours émouvante, l’intro de « Woman You’ve Been Dreaming » au piano puis le chant sont bourrés d’émotion, et l’accompagnement dépouillée (pour une fois) permet à la chanteuse de s’exprimer.
Et on retombe dans la variété avec « Baby Shot Me Down » assez simpliste, puis le sucré « Good Day To Cry » idéal pour attaquer une petite sieste.
Et encore de la guimauve « Picture In A Frame ». Frankie sort de ce corps, on note d’ailleurs que la plupart des morceaux débutent par une introduction au piano électrique, (l’instrument de la dame sur scène) puis continue tranquille, pépère.

L’évolution de Beth Hart n’est pas surprenante, entre la fille qui mettait le feu au Paradiso avec une version sensuelle et haute énergie de « Whole Lotta Love » et celle qui fait de la publicité gratuite pour une boisson gazeuse d’Atlanta, on mesure le chemin parcouru.
Beth Hart continuera de remplir de Olympia, proposera des chansons de plus en plus aseptisées, avec de temps à autre un disque avec Joe Bonamassa, pour remettre quelques dollar dans le cochon du blues, histoire de montrer qu’elle ne renie pas son histoire.

Pourtant, c’est bien à une retraite en rase campagne d’une musique authentique à laquelle nous assistons. Le problème toutefois, n’est pas aussi simple, car si elle peut espérer avec cette formule atteindre un public dépassant les puristes du blues, elle ne pourra jamais concurrencer les stars de la variété, à presque 45 ans, ce train est déjà parti.
Finalement, si cet album faisait un vrai flop, on pourrait assister à un sursaut salutaire, la Beth vire son manager, son mari, les musiciens de studio qui ont joué sur l’album, forme un groupe de blues et nous fait un récital sans s’occuper des ventes.
Bon on peut rêver quand même ?

 

Tag(s) : #album

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