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Gérard MANSET -Opération APHRODITE

Huit ans déjà que « Manitoba ne répond plus » qui, mine de rien, s’est écoulé à 25.000 exemplaires, sans passer à la radio, sans promo et bien sûr sans aucun concert, vu que notre homme à 70 balais n’a jamais donné de récital.

On ne va pas trop insisté sur le Manset introverti, enfermé dans son studio, multi-instrumentiste, voyageur dans les grandes villes de l’Orient, ou assis discrètement à la terrasse d’un café parisien.

Anonyme et solitaire, la légende que Manset s’est forgée/inventée ressort à chaque nouvel album.

Cette fois, il semble qu’il retrouve les picotements de sa grande œuvre, La Mort d’Orion, mais changement de légende, ici, il donne dans une Opération Aphrodite qui n’est pas un nom de code des barbouzes de la DGSE, mais des textes de Pierre Louÿs récités par Gérard Manset et Chloé Stéfani et qui servent de trame à l’album.

Mais pas que cela. Cet album sonne comme un best of de toute son œuvre, de toutes ses obsessions, et ceux qui connaissent le bonhomme y (re)trouveront au hasard de l’inventaire, les thèmes du Manset qui swingue (Le Masque sur le mur, Le train du soir), du Gégé exotique (Vallée de la Paix, Jadis et Naguère) avec toujours ce petit côté moralisateur parfois agaçant, et aussi le Manset nostalgique et sombre (Lumières, Le Langage oublié).

Une nouveauté, le Manset « rime riche panzani » avec des jeux de mots sur Marais et Signoret « un monde où Jean se marrait et Simone s’ignorait » dans le pourtant très réussi « Comme un arbre ses fruits ». On l’a connu plus en verve !

On préfèrera les mots de Landicotal « Et dans ce peuple nu, Lampedusa mon frère, terre éclatée, abandonnée, perdue, qui t’a vendue ? » « Je roulais dans un carrosse, vers Landicotal, sur deux animaux à bosse, harnachés de métal, la princesse du Warizistan dormait à mes côtés, sur un petit coussin d’argent sa nuque était posée » où on retrouve le phrasé un peu ampoulé mais superbe de notre homme.

Clairement on n’échappe pas au côté grandiloquent/mégalo mais c’est un trait caractéristique de son œuvre et il faut admette que cela fonctionne globalement plutôt bien.

« L’amour brisé », « Divinités », « L’amour en Océanie », « Landicotal », « Comme un arbre ses fruits », sont de grands moments, mais parfois on est quand même proche du mièvre, du redondant, et finalement les textes récités/déclamés (« L’esclave », »La crucifiée ») ne font pas nécessairement ce lien qui faisait la force des mots dans la narration d’Esposito et d’Anne Vanderlove, dans la Mort d’Orion.

Manset se fait aussi balzacien, reprenant le titre d’un bouquin du tourangeau « Le lys dans la vallée » même si à part ce titre, on ne trouve pas le lyrisme descriptif de Balzac ici.

Album patchwork et exotique, riche musicalement, mais qui tombe parfois dans la mièvrerie et qui est un peu trop long ce qui lui fait manquer de souffle et perdre en puissance.

Finalement on pouvait se dispenser d’Aphrodite, et ne retenir que quelques très bonnes chansons qui auraient dynamisé l’ensemble.

Manset reste et restera Manset, pas de surprises, certains crieront au chef d’œuvre, d’autres n’y trouveront qu’une musique boursouflée et pompeuse, de toute façon Manset ne cherche pas et n’a jamais cherché à toucher un large public, son univers est difficile d’accès, et ce n’est pas cet album qui améliorera cette perception.

Ouverture : Odysseus

L’Amour brisé

La place de Rhacotis

Comme un arbre ses fruits

L’esclave

Landicotal

La crucifiée

Le Lys dans la vallée

Rhodis

L’Amour en Océanie

La porte rouge

Que t’ont-ils fait ?

Les grands lys

Ma Collection particulière

Tu es condamnée

Divinités

Galaxie

Final : Orphée

Tag(s) : #album

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