Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Eric CLAPTON Me and Mr JOHNSON

Sur les murs de Londres en 1968 un graffiti proclamait « Eric is King », et ce genre de slogan a vraisemblablement desservi Clapton.

In fine, il a toujours été fidèle à la musique de ces années adolescentes. Certes si on parcourt sa discographie, le blues est, parfois, bien éloigné de sa production. Pourtant, avec le succès surprise d’Unplugged MTV, il redevient bancable comme ils disent dans les bureaux.

Et enfin il va se faire plaisir et sortir des albums de blues, From the Craddle, puis Riding with the King où il s’efface derrière Lucille et BB King, puis enfin cet hommage à Robert Johnson l’homme qui vendit son âme au diable à un carrefour proche de Clarksdale.

L’exercice est périlleux. Entre ceux, qui de toute façon, ont déjà décidé que Clapton ce n’est pas du blues, les autres qui préfèreront telle ou telle chanson reprise par un autre musicien et les fans qui se prosterneront dès le premier accord.

Parlons rapidement des morceaux absents, « Croosroads » trop connu, trop joué avec Cream et en solo, « Sweet Home Chicago » ce qui est plus surprenant, et aussi « Walkin Blues », « Ramblin on My Mind »…

Comme souvent chez Clapton, la pochette est loupée, on peut penser qu’il cherche à reproduire la photo de Robert Johnson, mais il ressemble plus à un élève intimidé par son professeur qui vient juste de lui coller une sale note.

Excellente surprise chez les musiciens, la prestation de Billy Preston qui m’a franchement épaté. Il a, pour une fois, remisé son style bavard et un peu lourd et sert remarquablement la musique. Les autres accompagnateurs sont ceux qui tournent habituellement avec Clapton.

Clapton casse la baraque, en proposant une relecture souvent originale mais très fidèle à l’esprit de Johnson, « Last fair deal gone down » avec Preston très boogie, est somptueux, « Travelling Riverside Blues » est particulièrement roots, tout comme « Me and the Devil » dans une version acoustique boostée par l’harmonica.

« They're red Hot » avec un Preston toujours inspiré est légère et sautillante, tout comme « 32-20 Blues » moins effrénée que la version des Flaming Groovies.

Et on l’attendait un peu au tournant avec deux titres : « Come on my kitchen » qui est superbe et « Love In Vain » que deux autres blancs-becs anglais ont magnifié : Peter Green avec le Fleetwood Mac de la grande époque et Mick Taylor avec les Rolling Stones.

Sacrée version de Clapton, bourrée de feeling, le groupe est très subtil. Allez je vais l’avouer celle de Peter Green est inégalable.

Les autres morceaux, tous excellents sont plus « évidents » plus « claptoniens » mais ce n’est pas une critique, Clapton n’est pas né dans le delta du Mississipi, mais il a, sans aucune équivoque, compris l’âme du blues, et cette version de « Hell Hound on my Trail » qui termine l’album en donne une preuve éclatante.

C’est sombre, lugubre presque, la slide est éblouissante, et Clapton chante magnifiquement.

Cet album, pourtant assez difficile d’accès bénéficiera d’un très bon accueil ce qui encouragea le guitariste à sortir Sessions for Robert J un CD/DVD contenant des prises alternatives.

 

When You Got a Good Friend

Little Queen Of Spades

They're red Hot

Me and the Devil

Travelling Riverside Blues

Last fair deal gone down

Stop Breakin' Down Blues

Milkcow's Calf Blues

Kind Hearted Woman Blues

Come on my kitchen

Love in Vain

If I had possession over Judgement Day

32-20 Blues

Hell Hound on my Trail

 

Tag(s) : #album

Partager cet article

Repost 0