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Robert JOHNSON The Complete Recordings

Et la légende commence ainsi…..Un soir, dans les années trente, à Clarksdale (Mississippi), un jeune musicien noir, un peu bourré se perdit dans les faubourgs de la petite ville et s’endormit au carrefour des routes 61 et 49. Un vent froid se leva, et une ombre gigantesque avec un grand chapeau noir l’enveloppa, s’empara de sa guitare, l’accorda et joua quelques accords que personne n’avait jamais entendu puis s’en alla dans le vent….

Je ne sais pas si Robert Johnson connaissait le mythe de Faust, mais cette histoire, incrustée dans la mémoire collective, n’est pas vraiment la sienne, c’était un autre bluesman, Tommy Johnson, qui attribuait sa virtuosité à une rencontre avec le diable.

Même le diable peut se tromper de Johnson !

Cette histoire a traversé le temps, et a rendu célèbre le musicien qui a, en tout et pour tout, enregistré vingt-neuf chansons certaines nécessitant plusieurs prises soir quarante-deux enregistrements les 23,26 et 27 novembre à San Antonio et les 19 et 20 juin 1937 à Dallas.

Et si les Rolling Stones, Led Zeppelin, Eric Clapton, l’Allman Brothers Band, les Blues Brothers n’avaient pas repris ses chansons, le gars Robert serait resté dans l’ombre et trois communes du Mississippi ne revendiqueraient pas sa tombe (A mon avis la vraie est celle à la sortie de Greenwood….)

Certes, quand on écoute les enregistrements, on peut estimer que la prise de son est médiocre, datée, et que Clapton, par exemple, a dans ses deux albums hommages enregistré des versions de meilleure qualité tout en respectant parfaitement l’esprit des originaux.

Pourtant, rien ne peut remplacer les originaux, qui sont l’âme du Delta Blues.

Il suffit de parcourir le delta de Clarksdale à Helena, de Greenwood à Jackson, ses champs de coton, ses routes désertes, ce fleuve symbole de vie et de travail pour entendre le cri de Robert Johnson.

C’était un bad-boy, buveur, coureur, un peu voleur, pas vraiment le bon travailleur noir apprécié des blancs qui faisaient trimer les esclaves pire que des bêtes dans leurs plantations.

Johnson allait jouer de ville en ville, dormant chez ses conquêtes féminines, gagnant sa vie dans les bars, buvant du whisky de contrebande.

Un soir dans un bar de Greenwood il aurait bu de l’alcool empoisonné par un mari jaloux et serait mort après une agonie de trois jours, à 27 ans.

27 ans….il était le premier de cette longue suite d’artistes ; mais la légende de Robert Johnson dépasse souvent la réalité.

Vingt-neuf chansons donc, sur ce double album on retrouve tous les enregistrements, “Sweet Home Chicago », “Rambling on My Mind”, “Come on in My Kitchen”, “Love in Vain »….qui font partie maintenant du patrimoine mondial de la musique.

On peut imaginer que d’autres musiciens de l’époque étaient plus talentueux que lui, mais c’est lui qui, grâce aux enregistrements retrouvés est passé à la postérité, aidé par cette histoire de diable et aussi par les tristes péripéties de son existence. Et il est évident que Son House Skip James et Lonnie Johnson ont fortement influencé le style de Robert.

Ecoutez Mick Taylor dans « Love In Vain”, ou Cream dans “Crossroads » ou le « Terraplane Blues » par Peter Green les musiciens ont su complètement s’approprier les morceaux pour en donner une lecture parfois très puriste, parfois complètement révisée. Et sans ce petit bonhomme en costard avec un chapeau dont il ne reste que trois photos, le blues aurait été différent, le blues-rock aussi en un mot la musique.

Alors, il est bon de replonger de temps en temps dans ces deux galettes qui ont traversé les années et qui gardent leur vérité, la souffrance d’un peuple, ses espoirs, ses envies…..

L’héritage transmis pour Robert Johnson est inestimable, le préserver est plus qu’un devoir, c’est une obligation.

 

Kind Hearted Woman Blues (Take 1)

Kind Hearted Woman Blues (Take 2)

I Believe I'll Dust My Broom

Sweet Home Chicago

Ramblin' on My Mind (Take 1)

Ramblin' on My Mind (Take 2)

When You Got a Good Friend (Take 1)

When You Got a Good Friend (Take 2)

Come On in My Kitchen (Take 1)

Come On in My Kitchen (Take 2)

Terraplane Blues

Phonograph Blues (Take 1)

Phonograph Blues (Take 2)

32-20 Blues

They're Red Hot

Dead Shrimp Blues

Cross Road Blues (Take 1)

Cross Road Blues (Take 2)

Walkin' Blues

Last Fair Deal Gone Down

##

Preachin' Blues (Up Jumped the Devil)

If I Had Possession Over Judgment Day

Stones in My Passway

I'm a Steady Rollin' Man

From Four Until Late

Hell Hound on My Trail

Little Queen of Spades (Take 1)

Little Queen of Spades (Take 2)

Malted Milk

Drunken Hearted Man (Take 1)

Drunken Hearted Man (Take 2)

Me and the Devil Blues (Take 1)

Me and the Devil Blues (Take 2)

Stop Breakin' Down Blues (Take 1)

Stop Breakin' Down Blues (Take 2)

Traveling Riverside Blues

Honeymoon Blues

Tag(s) : #album

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