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God don't never change - The songs of Blind Willie Johnson

Blind Willie Johnson, est né en 1902 à Marlin au Texas, à l’âge de sept ans sa belle-mère lui lance du vitriol au visage qui le rend aveugle. Il gagne sa vie en jouant de la guitare dans la rue avec un canif qu’il utilise comme bottleneck. Les qu’il enregistre à la fin de années 1920 sont imprégnés de gospel (il sera d’ailleurs prêcheur baptiste) morceaux.

Son morceau « Dark was the night » deviendra célèbre grâce à Ry Cooder qui l’utilisera pour la bande-son du film Paris-Texas réalisé par Wim Wenders.

Un hommage “God Don't Never Change: The Songs Of Blind Willie Johnson” est rendu à ce bluesman et, pour une fois, il est plutôt réussi.

Le choix des artistes d’abord Tom Waits par exemple ne chante pas vraiment du blues dans ses albums, mais sa voix éraillée convient parfaitement à l’atmosphère particulière des chansons de Blind Willie et les deux titres interprétés « The Soul Of A Man » et « John The Revelator » (un des titres phares du répertoire de Gov’t Mule) semblent exhumés des bandes de la Librairie du Congrès tant ils sonnent roots et début du siècle.

L’aspect gospel est parfaitement souligné avec The Blind Boys of Alabama et Maria McKee qui interprètent respectivement et superbement “Mother's Children Have a Hard Time” et “Let Your Light Shine on Me”

Deux chanteuses qu’on n’attendait pas spécialement dans ce registre musical tirent parfaitement leur épingle du jeu. Rickie Lee Jones (Mme Tom Waits dans le civil) qui, avec son dernier album inspiré de la musique de la Nouvelle-Orleans (« The Other Side of Desire ») nous avait quand même mis la puce à l’oreille est aussi dans le ton juste. Son interprétation de “Dark Was the Night--Cold Was the Ground”, loin de celle de Ry Cooder, très dépouillée, et accompagnée simplement par un cuivre est particulièrement émouvante.

Lucinda Williams (qui vient de sortir un de ses meilleurs CD « The Ghots Of Higway 20 ») est aussi excellente dans son interprétation du célèbre « Nobody's Fault But Mine » (que Led Zeppelin avait « emprunté » et « remanié » sur son album Presence).

Le morceau y retrouve sa pureté originelle. Elle reprend également avec réussite « God Don't Never Change”

Derek Trucks & Susan Tedeschi avec Mike Mattison et Mike Rivers nous surprennent avec une version dépouillée de « Keep Your Lamp Trimmed and Burning ».

Connaissant le formidable jeu de slide de Derek on pouvait s’attendre à une version électrique. Pas du tout, c’est acoustique, avec la mise en valeur du chant de Susan. La preuve que le groupe est capable d’innover, d’imaginer des interprétations originales.

Le même état d’esprit se retrouve chez Luther Dickinson (leader de North Mississippi All Stars) qui nous offre une version acoustique et dépouillée de « Bye and Bye I'm Going To See The King «.

Les interprétations les plus faibles de l’album sont celles de Cowboy Junkies très convenue et de Sinéad O'Connor qui souffre de la comparaison avec les autres interprètes féminines.

Une belle réussite qui remet dans le feu de l’actualité un grand bonhomme du blues rural.

 

Tom Waits - The Soul Of A Man
Lucinda Williams - Nobody's Fault But Mine
Derek Trucks & Susan Tedeschi - Keep Your Lamp Trimmed and Burning
Cowboy Junkies - Jesus Is Coming Soon
The Blind Boys of Alabama - Mother's Children Have a Hard Time
Sinéad O'Connor - Trouble Will Soon Be Over
Luther Dickinson Bye and Bye I'm Going To See The King
Lucinda Williams - God Don't Never Change
Tom Waits - John The Revelator
Maria McKee - Let Your Light Shine on Me
Rickie LeeMc Jones - Dark Was the Night--Cold Was the Ground

Tag(s) : #album

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