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The Hateful Eight BO du film-Ennio Morricone

Cela devait bien arriver un jour, et qui d’autre que Tarentino pouvait faire sortir le grand Ennio Morricone de sa semi-retraite ?

Dès Reservoir Dogs, le cinéaste dans son découpage, dans la manière d’imposer la musique comme un acteur important du film, dans le recours aux flash-back, envoie des clins d’œil au compositeur italien.

Quentin est un boulimique de musique et il compose des BO de toute beauté plongeant dans le répertoire de la musique américaine de Dusty Springfield à Randy Crawford mais utilisant aussi la musique de Morricone (Paranoia Prima dans Boulevard de la Mort mais surtout "The Braying Mule" "Sister Sara's Theme" « Un Monumento" et « Ancora Qui » dans Django son film précédent.

Inévitablement, la rencontre devait se produire et sur un western bien sûr, et Les 8 salopards présente quelque analogie avec Il était une fois dans l’Ouest.

Tarentino, comme Léone stylise un maximum les plans, insistant sur la tête des personnages, c’est très léché, très joué, c’est une atmosphère anxiogène qui s’installe dès les premières images, comme dans la scène d’ouverture d’Il était une fois dans l’Ouest.

Ici c’est le froid, la neige, le blanc du paysage qui s’imprègnent dès les morceaux d’ouverture avec la certitude que toute cette histoire se terminera en bain de sang. Avec un « Apple Blosson » des White Stripes qui contraste joyeusement avec l’ambiance glaciale et le dialogue entre Tim Roth et Kurt Russel (« Frontier Justice »).

On retrouve le style et la classe de Morricone sur « L’ultima Diligenza di Red Rock » et « Neve » deux compositions qui sont les principaux fils conducteurs de l’action.

Jennifer Jason Leight pousse aussi la chansonnette, (« Jim Jones at Botany Bay ») mais elle irrite Kurt Russell qui lui fracasse sa guitare à la fin du morceau (ce qui change des baffes qu’elle a encaissé dans la tronche depuis le début de l’histoire).

Comme toujours avec Tarentino, les dialogues sont très fouillés et quand Samuel L Jackson explique au général confédéré joué par Bruce Dern comment son fils est mort, avec l’un des protagonistes qui en profite pour se mettre au piano, on sent la tension en écoutant suelement le dialogue.

Tarentino adore aussi les clins d’œil et là il nous sort « There won’t be many coming home » de Roy Orbison qui figure sur The fastest guitare aliveela , le westerne de 1966 où Roy commence et termine sa carrière d’acteur.

Allez je n’en dis pas plus sur l’histoire du Tarentino pur jus, avec comme souvent un bon bain de sang. Pour moi ce n’est pas son meilleur film (Pulp Fiction est pour moi le top du top) mais c’est du haut de gamme, et la musique d’un jeune homme de 87 ans apporte sa touche, ce petit plus qui donne à un film son intemporalité, qui en fait une référence, bref un classique.

A l’heure où il ne se fait quasiment plus de westerns (on peut les compter sur les doigts d’une seule main), Tarentino perpétue (sans volontairement révolutionner) le genre avec un compositeur de légende.

Sacrée bonne nouvelle !

 

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