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Marshall Tucker Band-Carolina Dreams

Vraisemblablement le boss de Capricorn a pété une durite en écoutant Long Hard Ride le dernier album très country du groupe. « Bon les gars, on arrête de jouer les bouseux classieux, ici on enregistre l’Allman Brothers Band, du southern-rock pur, donc si vous continuez dans le genre cow-boy, vous enfilez les bottes et vous allez voir à Nashville si l’herbe que bouffe les bisons est meilleure qu’en Caroline du Sud ».
« Et puis ras le bol des pochettes de cow-boy, vous me trouvez un logo du groupe bien calligraphié et basta ! »
Toy Caldwell a compris le message mais il est têtu. Alors il va trouver une sorte de compromis. Pas de guitar-army comme chez Lynyrd Skynyrd, pas de longues envolées comme chez les Allman, mais des compositions costauds, très mélodiques, servies par des sonorités de guitares et de slide à faire chialer le pire des cow-boy (pas taper).
Il compose deux hits “Fly Like An Eagle” (rien à voir avec le titre du Steve Miller Band) et « Heard It In A Love Song », bien sudistes, avec des envolés magnifiques de guitares, le boss est content. Ensuite, il nous sort une sorte de country-rock psychédélique (euh ça existe docteur ce truc où j’ai trop forcé sur le Dr Pepper ?) aérien et cosmique « Never Trust A Stranger » ou encore « Desert Skies » un blues bizarre dans lequel Doug Cray donne sa pleine mesure. La musique respire la sérénité, le groupe a trouvé son équilibre musical après l’avoir cherché du côté de la country. Ici la country sert de point de départ, mais des éléments blues, jazz et soul (dans la voix de Gray) s’ajoutent pour en redessiner les contours, pour explorer de nouveaux horizons, et donner une coloration subtile aux morceaux.
Cet album est moins abordable, que le précédent, plus riche, plus inventif, le groupe ouvre les fenêtres de son inspiration, et les invités, quasiment toujours les mêmes, apportent un plus incontestable. Et puis Toy Caldwell magnifique ! Ecoutez la steel-guitar sur « Never Trust A Stranger”. C’est raffiné, fin, exquis, pour les gourmets, il ne balance jamais de gros riffs bien gras, mais il tisse une dentelle musicale subtile en écho au violon ou au piano.
Ce disque permet au groupe de cartonner (enfin !) et il faut admettre que c’est amplement mérité, le groupe atteint sa maturité, mélangeant habilement de bons morceaux calibrés pour la FM et les routiers et des compositions plus exigeantes, la flûte et le saxo de Jerry Eubanks étant particulièrement en évidence sur cet album. Sans oublier la section rythmique aérienne Paul T. Riddle/ Tommy Caldwell qui permet aux solistes de toujours retomber sur leurs pieds.

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