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John McLaughlin-Black Light

John McLaughlin est un des derniers monstres vivants de la guitare.

Son influence est incontestable, son talent s’est déployé à travers quasiment tous les genres de musique, le jazz bien sûr avec Miles Davis et Tony Williams puis la formation du Mahavishnu Orchestra, qui portera le jazz-rock sur ses fronts baptismaux et lui donnera ses lettres de noblesse.

Avec Shakti ensuite, pour une exploration de la musique indienne puis un fantastique voyage à la guitare acoustique avec ses compères, Al Di Meola et Paco de Lucia.

Sans oublier une intrusion dans le classique avec Mediterranean Concerto et Katia Labèque. Très curieux, il adore les rencontres musicales, je me souviens d’une jam improvisée à Montreux en 2011 avec, entre autres, Ladell Mclin, Susan Tedeschi, Derek Trucks, Maurice Brown et David K Mathews où John nous avait gratifié de quelques chorus blues devant les yeux émerveillés de Derek.

Depuis quelques années maintenant, il est revenu, à une formation jazz « classique » avec son groupe 4th Dimension et ses compères habituels Gary Husband (claviers), Etienne Mbappe (basse), et Ranjit Barot (drums)

 

Ce nouvel album comporte un superbe hommage acoustique à son ami Paco De Lucia « El Hombre que Sabiac » disparu en 2014, et avec qui il envisageait un nouvel album. Tout McLaughlin est résumé dans ce morceau, pudeur, feeling, simplicité, technique, tristesse des notes de guitare, émotion.

Les autres titres sont plus « conventionnels » et les quatre musiciens nous proposent une musique dans la lignée des précédents opus, un jazz virtuose où les instrumentistes ont une technique fabuleuse qui n’empêche pas le feeling et la complicité.

 

Les quatre musiciens partagent leur culture de l’Inde Ranjit Barot, au Cameroun d’Etienne Mbappe, à l’Angleterre des deux autres. C’est vivant, rapide, la guitare de John allume des brasiers où s’engouffrent les claviers sous le tempo souple et chaloupé de la rythmique.

 

Toutefois, les qualités fabuleuses des instrumentistes ne nous surprennent plus, aussi on attend quelque chose de plus fort, de l’innovation, qui est un peu absente ici au profit de la cohésion. Un peu comme si le guitariste avait trouvé une formule qui lui convient et dans laquelle il s’exprime comme il le souhaite au risque de s’enfermer dans une, allez osons le mot, routine assez inhabituelle.

Rassurez-vous ceux qui ont aimé les derniers albums de la formation seront conquis par les nouveaux morceaux, mais s’agissant de ce groupe, on espérait une prise de risque plus importante, une recherche sur les sons (souvenons-nous de l’osmose du violon, des claviers et de la guitare pendant les grandes heures du Mahavishnu Orchestra).

Il manque ici ce grain de folie, d’improvisation, l’envie de se mettre en danger.

Peut-être suis-je trop exigeant, mais McLaughlin est tellement merveilleux avec sa guitare que l’on devient très (trop ?) exigeant.

Il n’empêche que Black Light vole quand même largement au-dessus de la production jazz de l’année.

 

 

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