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Johnny CASH-Unchained

Si Unchained était le seul album des American Recordings produit par Rick Rubin on le trouverait superbe. Mais voilà, il fait partie d’une série et il soutient difficilement la comparaison, par exemple, avec le fabuleux volume IV, American Comes Around.

Pourtant, ici Cash est accompagné par Tom Petty et ses

Tom le blondinet a fait ses preuves avec les Traveling Wilburys où, outre Dylan et Beatle John, il a côtoyé une autre légende en noir Roy Orbison.

Pourquoi alors, cet album est moins poignant, moins réussi que les autres ?

Le choix des chansons ?

Oui sans doute. Drôle d’idée de reprendre « Rowboat » de Beck, la profondeur de la voix du Man In Black s’accorde mal avec le ton un précieux du jeune homme.

“The Kneeling Drunkard's Plea” avec son arrangement country sonne aussi bizarrement. Justement l’idée de base de ses reprises était d’entendre Cash dans un environnement dépouillé, là où l’émotion prend l’auditeur à la gorge.

Ici nous sommes dans la chanson country basique, entendue des milliers de fois

Idem pour « Mean Eyed Cat » qui figure à l’origine sur l’album Sings Hank Williams. C’est une bonne chanson, parfaitement orchestrée par les Briseurs de Cœur, mais elle est un peu déplacée dans ce contexte, contrairement à « Meet Me In Heaven » qui bénéficie d’un accompagnement léger, mettant en avant le magnifique phrasé de Johnny.

L’accompagnement ?

Tom Petty veut bien faire, trop bien faire. Il sait rester en retrait mais comme il joue avec ses musiciens, fatalement on dérive vers un groupe Johnny Cash with Tom Petty & The Heartbreakers (« I Never Picked Cotton », « I've Been Everywhere « )

Un autre exemple, « Country Boy » à l’origine sur l’album “ 1957, déboule à cent à l’heure avec un piano boogie et un rythme d’enfer et précède une bluette chantée à l’origine par …Dean Martin (« Memories Are Made Of This »). Bizarre.

Il reste quand même de belles réussites.

« Southern Accent » avec son créateur prend une profondeur nouvelle, ainsi que « Rusty Cage » la chanson de Chris Cornell de Soundgarden, avec une introduction à la guitare acoustique « Johnny Cash millésimée » qui renvoie à la construction d’un grand titre comme « Ring of Fire ». Ici Petty et son groupe sont parfaits, impeccables dans l’accompagnement.

« Unchained » écrite par Jude Johnston et “The One Rose (That's Left In My Heart)” avec un accompagnement sobre sont superbes et « Spiritual » (écrit par Josh Haden le fils de Charlie) nous rappelle que Cash est toujours dans un trip mystique, depuis qu’il s’est « rapproché » de Dieu, servant de faire-valoir au prédicateur Bill Graham dans son show évangélique.

En synthèse, on se retrouve avec un album un peu bancal, mélangeant trop de genres différents pour construire une unité, une trame émotionnelle, qui, malgré quelques excellentes chansons est absente.

 

 

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