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Buddy Guy Born to Play Guitar

Depuis le récent décès de BB King, Buddy Guy reste vraisemblablement la dernière légende du blues du delta en activité et histoire de marquer son territoire, il sort le jour de ses soixante-dix-neuf ans son vingt-huitième album studio, toujours produit par Tom Hambridge.

En effet, Buddy, comme il le raconte à Bertrand Tavernier dans les bonus du film ‘Dans la Brume Electrique » a connu dans son enfance le travail dans les champs de coton et la vie très difficile du peuple noir dans le delta du Mississippi.

Comme BB King, il n’a pas oublié, ni renié, ses origines, son histoire. Certes, maintenant il gagne de l’argent, beaucoup d’argent, et il en profite, mais tout au fond de lui, il se souvient des années de vache maigre, de son enfance à Lettsworth en Louisiane, de sa première guitare fabriquée à treize ans.

Et dans le premier morceau, le meilleur de l’album, il raconte sa vie, son enfance, très éloignée de la star mondiale qu’il est devenu, côtoyant les grands musiciens, cabotinant à outrance pendant ses concerts, et heureux propriétaire de son club de blues, le Legend à Chicago.

Ce morceau, « Born To Play Guitar”, dont le titre résume si bien son parcours, se suffit à lui-même. Il nous plonge dans la chaleur chaude et humide du bayou, la guitare accompagne la voix, SA voix qui raconte une histoire, SON histoire, à la manière des pionniers du blues.

Et on oublie le côté parfois surfait du bonhomme, ses disques « commerciaux », car en quelques minutes le vieux Buddy remet les pendules à l’heure du blues authentique.

L’autre grand moment est « Flesh & Bone » morceau hommage à BB King justement, avec la voix superbe de Van Morrison, qui chante toujours aussi somptueusement.

Là encore, l’Irlandais qui ferait pleurer le pire des terroristes rien qu’en chantant le bottin, nous offre un moment somptueux, avec un Buddy très inspiré dans son accompagnement à la guitare.

Les autres titres sont excellents aussi, avec le barbu de ZZ Top qui vient ferrailler dans « Wear You Out » (rappelons que les texans on toujours payé leur dette au musiciens du delta, Billy Gibbons, ayant par exemple, reconstitué la maison d’enfance de Muddy Waters dans le Blues Museum de Clarksdale.)

Kim Wilson des Fabulous Thunderbirds est aussi présent sur deux morceaux et la « petite » Joss Stone apporte une sa jolie voix féminine dans « (Baby) You Got What It Takes »

La vraie vedette reste quand même Buddy, qui dans un superbe morceau acoustique clôture le disque dans une dédicace à Muddy Waters.

Ce disque nous fait oublier sa performance en demie teinte en juillet 2014 à Vienne, où sous un déluge orageux, il avait surtout recyclé quelques plans sans vraiment jouer. Dommage, car cet album est superbe de bout en bout avec les deux petites merveilles déjà évoquées.

 

 

Born To Play Guitar”
Wear You Out
Back Up Mama
Too Late
Whiskey, Beer & Wine
Kiss Me Quick
Crying Out Of One Eye
(Baby) You Got What It Takes
Turn Me Wild
Crazy World
Smarter Than I Was
Thick Like Mississippi Mud
Flesh & Bone (Dedicated to B.B. King)
Come Back Muddy

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