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Leo Bud WELCH-I Don't prefer the blues

Léo “Bud” Welch a sorti son premier CD à 81ans, en 2014, donc s’il veut se constituer une discographie il doit mettre les bouchées doubles.

En 2014, après la sortie de son album gospel Sabougla Voices, il annonçait, que suite au contrat signé avec le label Fat Possum, qu’un autre CD plus orienté vers le blues sortirait rapidement.

Pourtant le morceau d’ouverture, « Poor Boy” sonne encore comme un chant d’église, avec l’excellent Jimbo Mathus à la guitare et les voix assez lugubres de Léo et  Thomas  Sharde  mais très vite avec « Girl In The Holler », on entre dans le blues rural, authentique, et Léo, aussi coquin et malin qu’un Compay Segundo, oublie la messe du dimanche et le gospel à l’église pour nous parler, de sexe, de luxure, la vie en blues quoi !

Et on plonge dans l’âme de ce blues du delta, de ces musiciens qui jouaient le soir avec juste leur guitare, même si, ici, le boss Bruce Watson, qui est à la production, offre à son poulain un orchestre plus conséquent

Mais qu’importe, le vieux Bud est lâché, et vu son grand âge, il en a gardé sous la pédale. Alors il chante, balance ses riffs de guitare, et Jimbo à ses côtés s’éclate un maximum !

Les chansons sont certainement enregistrées en très peu de prises, sans overdub, ce qui fait sonner l’ensemble comme dans un juke-joint en ruines du fin fond du Mississippi. C’est du brut, cela sent la sueur, la bière, la fumée de cigarettes, le parfum bas de gamme des allumeuses de bar, cela respire le blues authentique par tous les pores de la peau.

Et histoire de montrer qu’il connaît ses classiques, le CD se termine par une version du "Sweet Black Angel » de Robert Nighthawk , convoquant les fantômes de Muddy Waters et RL Burnside.

Ce CD, assez court,  s’adresse aux amoureux du blues, du vrai, de l’authentique, du blues qui vient de la terre du Mississippi, du cri des ouvriers noirs qui peinent à ramasser le coton sous la chaleur et le soleil, et qui le soir racontent leur dure condition.

C’est râpeux, c’est la vie, la souffrance qui hantent les chansons.

Et le gars Léo se marre doucement, lui qui maintenant voyage en Europe, et anime des master-class à Cahors, mais au fond de son âme il sait d’où il vient et le prix que son peuple et lui ont payé pour en arriver là.

 

   
   
   
   
   
   
   
   
   
   

 

 

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