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La publication du volume 11 de la collection « Bob Dylan – The Bootleg Series », est historique. Six CD et cent trente-huit chansons qui font partie de la légende du rock.

Juin 1967, Dylan, à Woodstock, se remet de son fameux accident de moto, mais aussi et surtout récupère de la vie de fou qu’il a mené depuis cinq ans. Son groupe de scène The Band enregistre à côté de chez lui dans la cave de Big Pink une maison située à West Saugerties Etat de New York et le Zim passe les voir à l’improviste, pour jouer, s’amuser, délirer.

Jusqu’en septembre ils enregistrent des titres anciens et des nouveaux et aussi des cover pour le fun.

 

Mais en juillet 1969, un double 33 tours vinyle «Great White Wonder » circule sous le manteau. Il est considéré comme le premier album bootleg de l’histoire de la rock-music. La double pochette blanche immaculée est très recherchée par les fans, d’autant que certains titres passent sur les radios californiennes, malgré les tentatives de Columbia Records de stopper cette diffusion.

 

En 1975, Colombia sortira The Basement Tapes un double LP de 22 titres, mais cela n’empêchera pas les flibustiers de continuer leur oeuvre d’archiviste avec, entre autres, The Genuine Basement Tapes, (5 CD 1992) et A Tree With Roots (4CD en 2001 avec des bandes nettoyées).

Ironie de l’histoire, Colombia sort officiellement les six CD avec la collaboration de Garth Hudson du Band dans ses Bootleg Series ! ! ! !.

 

A priori cent quinze  titres sont inédits en enregistrement officiel, mais, malgré les promesses de la maison de disques, certains morceaux ne sont pas vraiment de meilleure qualité que sur les bootlegs.

Soyons clair et réaliste, ce coffret est destiné aux fans de Dylan, on y trouve plusieurs versions de certains morceaux, ce qui permet de décortiquer le processus de création des musiciens. Mais il convient d’insister encore, c’est une œuvre majeure de Dylan et du Band, aussi importante que le virage électrique au festival de Newport et ou que la sortie de Blonde On Blonde.

 

Par exemple, Dylan s’approprie le blues de John Lee Hooker avec une version époustouflante de « Tupelo », il revisite les thèmes de son ami Johnny Cash « Big River », « Folsom Prison Blues » « Belshazzar » et bien sur de Hank Williams . « You Win Again » autre influence majeure.

Le Band se plie à tous les essais à toutes les musiques, ce groupe est fait pour Dylan et cette évidence éclate tout au long de ses plages. Et puis la remarquable qualité des morceaux composés dans cette cave ! Le fabuleux « This Wheel’s on Fire » co-écrit avec Rick Danko le bassiste, référence biblique à son accident de moto, qui sera repris par de nombreux musiciens, « Goin’ to Acapulco » aux paroles insensées, « Please Mrs. Henry » délire alcoolisé, «Tears of Rage » triste et amère.

 

Bref le talent d’écriture de Dylan n’est pas abimé malgré sa longue inactivité et c’était là le principal enseignement de ses bandes quand elles sont apparues. Dylan écrit encore, Dylan compose encore, Dylan joue encore avec son groupe fétiche.

 

Alors il faudra du temps à ceux qui ne connaissent pas cette période pour digérer les six CD. Mais incontestablement ces enregistrements sont parmi les plus importants de la carrière du Zim, car réalisés sans contrainte, sans pression d’une maison de disques ou d’un producteur et qui se sont retrouvés sur le marché par accident.

Document exceptionnel, sur une période cachée de la vie de Dylan quand il se ressourçait.

Finalement la sortie pirate des morceaux et l’immense succès qui en a découlé l’a peut être influencé dans ses choix futurs.

Un seul mot convient :chef d’oeuvre

 

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