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On vit une époque formidable, Marianne Faithfull sort un nouvel album et le plan media se met en marche. Plutôt dans des journaux/émissions pas vraiment branchés musique (Les Echos, France Inter, Métro) qui sans trop se fatiguer racontent les mêmes banalités convenues.

Très drôle de s’apercevoir que la sulfureuse girl-friend de Jones et Jagger, rendue célèbre par « As tears Go By » et par son arrestation dans la maison de Mick, nue sous un manteau de fourrure, est encensée par la presse « sérieuse » qui dans les sixties la traitait de dégénérée.

Ou d’entendre déclarer par l’auteur de Sister Morphine qu’elle n’a pris que sept fois du LSD.

Bref, Marianne a survécu à la machine à broyer des Stones en restant vivante et pas trop abimée aussi de temps en temps elle sort un nouvel album.

Pas évident d’ailleurs, quand le premier album de sa carrière solo en 1979 Brokin English était une pure merveille jamais égalée depuis.

La spécialité de la petite-nièce de l'écrivain Leopold von Sacher-Masoch est de faire appel à des auteurs provenant d’horizons complètement différents.Sur cet album, Rogers Waters de Pink Floyd, voisine avec Nick Cave, Pat Leonard (qui a écrit pour Madonna), Tom McRae, Anna Calvi et  l’outlaw Steve Earle .

Les musiciens sont issus également de cultures musicales diverses, Adrian Utley (Portishead) et Jim Sclavunos (Nick Cave & the Bad Seed) aux guitares, Rob Ellis à la batterie (PJ Harvey, Bat For Lashes), le chanteur anglais Ed Harcourt aux claviers et le français Dimitri Tikovoi à la basse

“Give My Love To London” écrit par Steve Earle, qui ouvre le CD, est une référence ironique aux sixties, plutôt bien foutu, « Sparrows Will Sing » de Waters évoque le « All Tomorrow’s Parties » du Velvet Underground avec Nico, le martèlement de la batterie étant particulièrement réussi.

Marianne a toujours cette voix particulière, héritée de ses nombreuses années de tabagisme (Au Bataclan en 2012 avec Bill Frisell, elle avait arrêté le show pour s’en griller une) et son timbre donne une profondeur même quand les textes ne sont pas inoubliables (« True Lies », « Mother Wolf »

Deux cover complètent les nouveaux morceaux, “Price Of Love” des Everly Brothers qui n’apporte pas grand-chose à la version originale et « Going Home » extrait de l’album Old Ideas de Léonard Cohen, mais que c’est difficile de reprendre un titre du canadien neurasthénique.

Au final, la multiplicité des auteurs nuit quelque peu à l’homogénéité de l’ensemble, les univers de ceux-ci étant souvent aux antipodes. Mais l’interprétation de Marianne corrige ce sentiment de dispersion, épaulée par des musiciens efficaces.

L’album sera joué en live dès cet automne en France, une bonne occasion de se rendre compte de l’impact de ses nouveaux morceaux.

Give My Love To London
Sparrows Will Sing
True Lies
Love More Or Less
Late Victorian Holocaust
Price Of Love
Falling Back
Deep Water
Mother Wolf
Going Home
I Get Along Without You Very Well

 

Marianne Faithfull (chant)

Adrian Utley (guitares)

 Jim Sclavunos (guitares)

Rob Ellis (batterie)

Ed Harcourt (claviers)

Dimitri Tikovoi (basse)

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