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Le blues et le blues-rock doivent absolument trouver de nouveaux et jeunes musiciens pour perdurer faute de quoi, cette musique ne sera jouée dans quelques années que par des vieillards.
Aussi, la sortie de Set the World on Fire, premier album de Brent Johnson, trente -trois ans est une excellente nouvelle.
Ce petit gars, né dans le sud du Texas, a débuté la guitare à l’âge de quatre ans, puis pendant son enfance, sa famille a emménagé à la Nouvelle-Orleans. Il ne pouvait vraiment qu’être musicien !
Il est embauché à vingt-deux ans par Bryan Lee, qui en fait pendant dix ans son second guitariste en lui permettant de façonner son style et de côtoyer toute la riche scène musicale de The Big Easy.

De bonnes influences donc, que l’on retrouve sur son album, deux pointures, Alvin Youngblood Hart et Sonny Landreth y effectuant de superbes apparitions.
L’album a été enregistré et mixé au studio The Music Shed, à La Nouvelle-Orléans, par Ben Lorio, il contient onze titres dont quatre cover: “Meet Me in the Morning” (Bob Dylan), “Meet Me in the Bottom “(Howlin’ Wolf), “As the Years Go Passing By “(Albert King) et “The Hucklebuck” (Paul Williams).
A la lecture des reprises on se dit que le petit jeune a plutôt bon goût et que de Dylan à Albert King sa palette de références est très étendue.
Il est lucide également « Je ne veux surtout pas avoir la prétention d’affirmer que j’ai vécu le même type d’expériences que les vieux bluesmen, et cela me semblerait ridicule d’essayer d’écrire comme eux. Je cherche plutôt à transposer dans mes propres pièces la passion que charrie le blues, son côté cru, honnête, sa faculté de transmettre de l’émotion. C’est ça, mon but ».
Il cite comme influences deux autres texans, Chris Whitley et Ian Moore, qui n’évoluent pas vraiment dans le même registre. Solidarité texane ?
Mais sa musique possède l’odeur des bayous, on ne passe pas sa vie de musicien en Lousiane sans être marqué par le groove particulier de la ville, par l’odeur des beignets du Café du Monde et les épices du French Market. Le son des claviers dans « As The Years Go Passing By », ce swing particulier qui va puiser dans le jazz et pendant cette longue jam de plus de treize minutes, le groupe lâche les chevaux.
Brent Johnson est un superbe guitariste de blues, il a ce don de « faire parler » son instrument, de lui insuffler une vie en y faisant passer des émotions.
Ses compositions personnelles tiennent sérieusement la route, et pendant plus d’une heure il nous régale de son jeu de guitare inventif et surtout jamais répétitif.
Le groupe qui l’accompagne est bon avec une mention spéciale à Wayne Lohr dont les interventions aux claviers apportent les couleurs du sud.

Excellent premier album d’un jeune guitariste bourré de talent qui apporte un souffle jeune et novateur à la guitare blues rock.

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