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Début janvier 2013, le manager de Wilko Johnson publie un communiqué indiquant que le guitariste souffre d’un cancer du pancréas en phase terminale, et que son espérance de vie est selon les médecins (pas vraiment Feelgood) de six mois.
Mais notre homme décide de ne pas suivre une chimiothérapie et d’effectuer une tournée d’adieu pour remercier ses fans.
Nous sommes en avril 2014 et…Wilko est toujours là.
En réalité, La Grande Faucheuse est arrivée par une nuit noire d’été, mais Wilko était réveillé et il lui lancé un de ses regards exorbités, tout en jouant un crépitement de notes mitraillettes sur sa Fender. Epouvantée La Faucheuse s’est enfuie et court encore….
Et voici qu’arrive dans les bacs ce brûlot, enregistré en novembre 2013 au Yellow Fish studio à Uckfield dans le sud-est de l'Angleterre et sorti sur Chess, le prestigieux label de Chicago, avec Roger Daltrey !
Oui le chanteur des Who qui partage une passion commune avec Wilko, la vénération de Johnny Kidd, le guitariste killer des Pirates et grande influence de Dr Feelgood.
Onze morceaux, trente -huit minutes, on est dans le tempo du Doctor, et dès l’intro de « Going Back Home » on pleure de joie.
Lee Brilleaux est revenu ? Non mais papy Daltrey assure un max, le chanteur de Tommy, de Magic Bus, nous prouve qu’il a sacré d’organe et qu’il n’a pas oublié ses jeunes années passées dans les pubs à se castagner contre les Teddy’s Boys en descendant des bières.
Wilko, est impeccable, stylé, racé, pas une note de trop, pas de solos, c’est efficace, serré,  une leçon de pur rock.
La rythmique est celle de son groupe Norman Walt-Roy (basse), et Dylan Howe (batterie), avec la participation de Mick Talbot (The Style Council et Dexy's Midnight Runners) aux claviers
C’est Daltrey qui doit tenir le ruine babine, et à soixante- dix ans il a encore un sacré souffle.
Le répertoire est composé de titres joués par Dr Feelgood et Wilko, et si un jour vous êtes allé dans un pub anglais, les morceaux vous seront familiers.
Et puis, surprise au milieu des vieux remèdes du bon docteur, « Can You Please Crawl Out Your Window » une chanson de Dylan sortie sur le coffret Biograph, et que Roger chante magnifiquement. Daltrey est un immense chanteur, il est capable de chanter dans différents registres avec naturel et brio.
Et quel pur bonheur d’entendre « Sneaking Suspicion », « Ice On The Motorway” ou “All Through The City” avec les riffs saccades de maître, ce jeu ultra-speedé, qui fait penser à une mitraillette en rut.
On retrouve les grandes heures du pu-rock, cette magie simple et pure qui renoue avec les origines, pas de longs solos, pas de bavardage, c’est carré et donne une furieuse envie de danser.
Aux dernières nouvelles, au paradis des rockers, le vendredi soir, au pub, Lee Brilleaux après douze pintes de stout a desserré sa  cravate, et après un petit rot discret a hurlé Putain de Wilko, quel killer.
A une table, un Bashung un peu titubant, après avoir  embrassé Joséphine, s’est traîné au juke-box
« Remets-moi Johnny Kidd ! »

 

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