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Quelle était jolie Marianne dans le swinging London des sixites, quand elle chantait As Tear go by, ou qu’elle était arrêté nue dans son manteau de fourrure après une nuit de fête avec les Rolling Stones. Mais la trilogie  rock ’and roll sex drugs and rock n’roll est impitoyable et laisse des traces indélébiles dans le corps et l’esprit sauf si on se nomme Keith Richards.
Les seventies seront une longue et douloureuse descente aux enfers pour l’ex-girl friend de Jagger et
presque que tout le monde l’avait oublié….
Mais, en 1979, Chris Blackwell, le patron d’Island Records la pousse à écrire et surtout à retrouver le chemin  des studios.  Steve  Winwood  le  petit  génie maison  des claviers répond  présent  et  réunit quelques musiciens pour accompagner Marianne.
La pochette bleue avec juste le point rouge incandescent d’une cigarette montre une chanteuse qui semble se protéger du photographe et de la lumière.
Broken English est un disque sombre,   le morceau éponyme qui ouvre la première face est un hommage  aux  femmes  qui  se  battent  et  plus  particulièrement  à  Ulrike  Meinhof  de  la  RAF  en Allemagne de l’Ouest. La voix sous l’effet du tabac et autres a changé, plus grave, plus cassée, plus émouvante aussi. Les musiciens sont discrets, se fondent dans le décor, laissant Marianne seule devant avec ses
Fantômes, ses blessures, ses fantasmes.
« Why D’ya do it », qui met en musique un poème de Heathcote Williams, relate de façon crue une scène de ménage, sur un rythme reggae mélangé à un orgue. Marianne ouvre les placards et dépose tout sur la table sans faire le tri.
Elle raconte aussi ses addictions dans (« What’s the Hurry », « Brain Drain ») assume ses choix de vie
dans un poignant Guilt écrit par Barry Reynolds qui restera musicalement toujours très proche. Féministe par évidence, elle chante Ballad of Lucy Jordan, racontant les tâches quotidiennes d’une femme au foyer, qui sera un moment fort de la BO de film Thelma et Louise de Ridley Scott avec Geena Davis et Susan Sarandon.

Et puis la fille d'un officier britannique et d'une aristocrate autrichienne, la petite-nièce de
l'écrivain Leopold von Sacher-Masoch,  élevée  dans l’aristocratie de Londres choisit définitivement son camp en reprenant le « Workin Class Hero « de Lennon avec cette voix éraillée, mais bouleversante qui remue les tripes.

Marianne a durement appris de la vie, du succès, elle en ressort toute cabossée, usée, mais de ses épreuves, elle en sort changée, différente mais plus forte.

Broken English gratte les chairs jusqu’à l’os, quand cela fait vraiment mal, plus de jeu, plus de fausses apparences, simplement la réalité, la vie.

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