LE BRUIT DE L'AMERIQUE
NEW YORK 11/09/2006, Pont de Brooklyn
NEW YORK 11/09/2006, Pont de Brooklyn
Un nouveau CD de Léonard COHEN est toujours un évènement, déjà par sa rareté, on ne peut pas dire que l’homme est prolifique, puis par sa qualité, Cohen
n’est pas le genre à faire de mauvais CD même des moyens.
Et puis, sous son air austère, c’est quand même un communicant, il suffit de regarder les affiches qui ornent Times Square.
Old Ideas donc, la pochette rouge et noire, avec notre homme en costume noir et chapeau un livre sur ses genoux, dans un look à la Al Pacino dans le Parrain,
mélange de charme, de distinction et de danger ?
A la première écoute, c’est, comme toujours, la voix qui accroche, sombre, encore plus sombre, profonde, encore plus profonde, j’ai immédiatement pensé aux
CD que Johnny Cash a enregistré avec Rick Rubin à la fin de sa carrière et de sa vie.
Une voix usée, vieillie, mais une voix qui bouleverse, qui entre au plus profond de l’auditeur qui lui perfore l’âme et le cœur.
Going Home qui ouvre le bal, commence fort
I love to speak with Leonard
He’s a sportsman and a shepherd
He’s a lazy bastard
Living in a suit
La voix est assez distante Presque débordée par les choeurs féminins, et le sens des paroles peut être compris à plusieurs niveaux. Pour moi, cela ressemble
à un bilan Cohen s’interpelle et réfléchit sur lui et sa musique, et ce paragraphe
He will speak these words of wisdom
Like a sage, a man of vision
Though he knows he’s really nothing
But the brief elaboration of a tube
Ne décrit-il pas le rapport de Cohen à son oeuvre ?
Relativisant la portée de ses mots, se considérant comme un faiseur de tubes ? La chanson est une interrogation sur la création, le temps qui passe, le
retour à la maison pouvant être interprété par la fin de la création, ou de la vie.
Beaucoup considèrent que le chant et la musique de Cohen sont mystiques et cette impression est renforcée par la tonalité globale du nouveau
CD
Si on continue « Amen », avec la trompette et les voix est mélancolique… The darkness » est un blues à la Cohen et il gratte jusqu'à l'os avec des
mots
I’ve got no future
I know my days are few
The present’s not that pleasant
Just a lot of things to do
I thought the past would last me
But the darkness got that
BRRRR
Juste avant Show me the Place est construit au niveau narratif comme Dance me to the End of Love, avec la répétition obsessionnelle du premier vers
.
Anyhow est presque déclamée , Crazy to love you ,respire la sérénité, Banjo sent la Louisiane. L’harmonica délicat saupoudre Lullaby, Different sides termine
en beauté un CD qui mérite d'être écouté, décortiqué, chose rare en ces temps incertains.
Old Ideas:
Going Home
Amen
Show Me The Place
The Darkness
Anyhow
Crazy To Love You
Come Healing
Banjo
Lullaby
Different Sides
A écouter sans modération
C'est mon premier achat de CD 2012, enfin aussi le dernier de 2011, car commandé en décembre chez Hittin' the Note mais reçu le 07
janvier.
J'avais beaucoup aimé le précédent Cowboy Reunion déjà évoqué, et après avoir lu dans Hittin' the Note (le mag) la sortie de ce nouvel opus, j'ai renouvelé
mon abonnement et commandé leCD;
Petit rappel notre homme depuis ses débuts en 1963 a joué avec sa formation Cow Boy et cotoyé THE ALLMAN BROTHERS, PURE PRAIRIE LEAGUE, POCO, THE AMAZING
RHYTHM ACES...
Il figure sur les albums The Gregg Allman Tour et LAID BACK.
Après une escapade musicale en Europe de 1994 à 2002 , il repart aux USA, il sera dans les invités du Beacon Rune de l'ABB en 2009.
Sa musique est superbe, un cocktail de Steve Miller, ABB, un toucher à la Clapton (quand il ne joue pas du blues), des arrangements magnifiques, précisons
que le Tommy est un IMMENSE guitariste, un CD qui passe comme dans un rêve, qui amène le soleil dans la grisaille de janvier, le genre de truc que la Sécu devrait rembourser tellement il est
INDISPENSABLE au bonheur musical !
1. Deal With the Deal 5:14
2. My Baby Don't Shave 5:07
3. Getaway Cars 7:17
4. I'm On Your Side 4:11
5. Time Will Never Change 5:25
6. On Your Way Down 10:58
7. Things 3:59
8. We Were Flyin' 5:26
9. River To The Sea 8:07
10. Color My Sleep 8:28
11. For What it's Worth 7:52
12. Time Will Take Us 6:41
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Une superbe interview de Gary JEFFRIES qui raconte comment il s'est quasiment ruiné pour sortir son CD Middle Class Man mais cela valait le coup (voir la critique quelques pages plus bas)
http://www.bandsofdixie.com/
C'est une vieille histoire avec Léonard.... si loin.....si proche....
Surement le seul mec qui peut rivaliser avec Dylan pour les paroles, mais Cohen est plus sombre, plus noir, sa voix déjà grave, profonde.
L'album Songs of...est une merveille, avec deux chansons immortelles qui traversent le temps, mais dès les premières écoutes, Suzanne et So Long Marianne,
chansons d'amour, d'amour perdu de rêves en couleur, chanté de cette voix désespérée....ce disque écouté quand j'étais si jeune, trop jeune à l'époque pour en comprendre le sens profond et
pourtant c'était déjà bouleversant et puis les traductions et les versions françaises de Graeme Allwright, puis quelques progrès en anglais, quelque part il chante comme Garcia Lorca aurait du le
faire si un jour...devant Grenade, sa voix, son verbe ne s'étaient tus à jamais....
Et ce superbe cri d'amour Dance Me To The End of Love, la musique de COHEN est intemporelle, très éloignée du rock dès le début, alors que Dylan branche
l'électricité, Cohen reste cet artisan de l'amour, ce poète maudit, écorché, sauf le temps d'un essai non transformé avec ce fou furieux de Phil Spector pour Death Of Ladies Man. On imagine mal
Léonard l'introverti face à Spector, son mur du son, ses gardes du corps, sa parano....
Certains disent que COHEN, c'est la musique pour candidats au suicide...c'est surtout un grand bonhomme aux textes fabuleux.
Jamais vu scène, la dernière fois les prix étaient prohibitifs, mais quand on entend le résultat (Live in London), je me dis que je casserais ma tirelire
pour le voir à Montreux en 2012.
Bon, le sujet a dérivé, je voulais juste parler de cette fabuleuse compilation de 5CDS mais ce sera pour un autre jour...
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